Era lève 11M$ pour une plateforme logicielle dédiée aux gadgets IA
Era, une startup émergente, a levé 11 millions de dollars pour développer une plateforme logicielle destinée aux objets physiques intelligents. Ce nouveau financement comprend une série de semence de 9 millions de dollars co-animée par Abstract Ventures et BoxGroup, avec la participation de Collaborative Fund et Mozilla Ventures. À ce capital s'ajoutent les 2 millions de dollars précédemment levés lors du pré-financement par Topology Ventures et Betaworks. Ce tour de table a également attiré des investisseurs individuels de renom, notamment Caterina Fake, cofondatrice de Flickr, et Ken Kocienda, créateur du clavier de l'iPhone. Lancée l'année dernière par Liz Dorman, Alex Ollman et Megan Gole, Era se distingue par son approche non-concurrentielle sur le marché du matériel. Contrairement à des entreprises comme Humane ou Rabbit qui tentent de fabriquer leurs propres appareils, Era refuse de devenir un fabricant. Son objectif est de fournir une couche logicielle qui permet à d'autres fabricants de créer des agents d'intelligence artificielle et de gérer les orchestration pour une multitude de dispositifs. Lors d'un événement en avril à New York, des artistes ayant reçu les kits de développement de la société ont présenté des prototypes variés : un souvenir donnant des faits et des blagues sur la France, un appareil affichant l'état des marchés boursiers et suggérant un jour de départ du travail, ou encore un détecteur de qualité de l'air. Tous ces projets expérimentaux partagent la même infrastructure logicielle fournie par Era. La plateforme d'Era permet notamment la création de voix personnalisées et l'ajout d'intelligence à des appareils classiques, comme les écouteurs. Elle propose actuellement un accès à plus de 130 modèles de langage (LLM) provenant de plus de 14 fournisseurs, facilitant ainsi le développement de formes variées telles que des lunettes, des bijoux ou des enceintes intelligentes. Liz Dorman, ancienne ingénieure chez Humane et HP, explique que l'essence du projet est de remplacer la couche des applications mobiles par une couche d'intelligence native. Elle critique l'industrie actuelle où des décisions technologiques sont prises par une élite déconnectée, et souhaite redonner aux utilisateurs le choix de leurs appareils et de leurs modèles de données, tout en garantissant la protection de la vie privée. Selon Casey Caruso de Topology Ventures, la force de la solution d'Era réside dans son routage dynamique entre différents modèles de langage et sa capacité à gérer des contraintes réelles comme la connectivité réseau. La startup vise à supporter des millions d'appareils et à permettre aux marques de créer des expériences personnalisées. Alors que le secteur de l'IA hardware traverse une phase de transition difficile, marquée par les défis rencontrés par Humane et Rabbit, Era mise sur une explosion de l'innovation similaire à ce qu'a connue l'industrie avec les smartphones. La société prévoit de rendre sa plateforme disponible à la communauté open source et aux créateurs, favorisant ainsi l'émergence d'une grande diversité d'objets intelligents.
