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L’essor de l’IA menace les premiers pas de la génération Z sur le marché du travail

L’enthousiasme entourant l’intelligence artificielle pourrait laisser de côté les jeunes travailleurs de la génération Z, avertit l’économiste Marc Sumerlin. Selon lui, les entreprises qui misent sur l’IA pourraient retarder leurs recrutements en attendant que la technologie génère des rendements tangibles, au détriment des jeunes diplômés. Sumerlin, qui figure parmi les principaux prétendants à la succession de Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale américaine, a déclaré à l’ABC Australie que nombre d’entreprises, après avoir expérimenté les premiers résultats de l’IA, sont désormais plus réticentes à embaucher des jeunes. « Je suis très inquiet que les entreprises disent désormais : “Je ne vois pas encore de retour sur l’IA, mais je le vois arriver. Alors, je vais suspendre les recrutements de jeunes pour le moment” », a-t-il expliqué. Bien que l’IA puisse, à long terme, stimuler la productivité, son impact immédiat sur le marché du travail pourrait être néfaste pour les nouveaux entrants. « Avant de profiter des bénéfices de l’IA, nous risquons de vivre ses effets négatifs : moins de recrutements », a-t-il ajouté. En effet, embaucher un jeune travailleur prend généralement un an ou deux avant de produire un retour sur investissement, en raison de la formation nécessaire. Or, les entreprises, désormais capables d’obtenir des résultats rapides grâce à l’IA, peuvent se montrer plus prudents. Un signe inquiétant : le taux de chômage des diplômés récents s’élève déjà à 4,59 % en 2025, contre 3,25 % en 2019, selon la Réserve fédérale. Dans un contexte de crise de données — le gouvernement américain étant en état d’arrêt partiel — la Fed évolue dans l’ombre, sans accès régulier aux indicateurs clés. Pourtant, Sumerlin estime que l’inflation baisse et que la banque centrale devrait réduire ses taux d’intérêt pour soutenir le marché du travail. « Le taux de chômage monte depuis deux ans de manière progressive. Cela signifie que nous sommes trop restrictifs », affirme-t-il. Ce débat reflète une inquiétude croissante sur la manière dont l’IA transforme les premiers pas dans la vie professionnelle. À Londres, Quentin Nason, ancien professionnel de la finance, décrit le recrutement des jeunes diplômés comme une « machine à broyer », où les candidats endettés sont submergés par une concurrence accrue. D’autres, comme Reid Hoffman, cofondateur de LinkedIn, voient une opportunité : la génération Z, « native de l’IA », serait particulièrement attractive pour les entreprises grâce à sa familiarité avec la technologie. Cependant, des voix plus prudentes s’élèvent. Ethan Mollick, professeur à Wharton, conseille aux jeunes de ne pas se concentrer uniquement sur l’acquisition de compétences, mais sur la maîtrise de tâches que l’IA ne peut pas facilement reproduire. Dario Amodei, PDG d’Anthropic, et l’économiste Gary Shilling partagent une vision plus sombre : de nombreux postes d’entrée de carrière pourraient disparaître avant que de nouveaux ne se créent, obligeant les jeunes à s’adapter rapidement. Des données de Goldman Sachs, publiées en août, montrent une hausse significative du chômage parmi les jeunes travailleurs technologiques : le taux de chômage pour les 20-30 ans a augmenté de près de 3 points depuis le début de 2024, soit plus de quatre fois l’augmentation observée au niveau national. La génération Z se retrouve ainsi au cœur d’un paradoxe : entre espoir technologique et réalité difficile d’accès au marché du travail.

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