Zuckerberg en cour avec ses Ray-Ban intelligents, un accessoire au cœur d’un procès sur l’addiction des jeunes
Lorsque Mark Zuckerberg s’est présenté devant le tribunal de la Cour supérieure de Los Angeles mercredi matin, un détail de son entourage a attiré l’attention : des lunettes intelligentes Meta Ray-Ban. Vêtu d’un costume bleu marine et d’une cravate, Zuckerberg n’avait pas de lunettes lui-même. Mais de chaque côté de lui, deux personnes accompagnaient son entrée : Andrea Besmehn, son assistante de longue date, et un homme inconnu portant des lunettes Ray-Ban de Meta. Meta n’a pas commenté cette présence, mais ces lunettes, bien plus qu’un simple accessoire, sont devenues un sujet de controverse. À l’instar de l’année dernière, où le journaliste Mike Isaac du New York Times avait été réprimandé par le tribunal pour avoir porté des lunettes Meta Ray-Ban, ces appareils suscitent à nouveau des inquiétudes. Cette fois, le juge a clairement annoncé que toute personne utilisant des lunettes pour enregistrer à l’intérieur du tribunal serait passible de « contrefaçon de la cour ». Le procès en cours à Los Angeles porte sur l’accusation selon laquelle les grandes plateformes sociales auraient conçu des produits addictifs nuisant à la santé mentale des jeunes. Le cas concerne une jeune femme de 20 ans, désignée dans les documents judiciaires sous le nom de « KGM », qui affirme que l’usage d’Instagram et de YouTube a aggravé sa dépression et ses pensées suicidaires dès son adolescence. TikTok et Snap ont déjà conclu des accords de règlement, laissant Meta et YouTube (filiale de Google) comme seuls défendeurs restants. Ce procès pourrait avoir des répercussions importantes sur d’autres actions en cours à travers les États-Unis. L’audience s’inscrit dans une série de témoignages visant à évaluer les fonctionnalités de conception des applications censées maintenir les adolescents en ligne. Le témoignage de Zuckerberg suit celui d’Adam Mosseri, le directeur d’Instagram. Les lunettes Ray-Ban intelligentes de Meta sont devenues une surprise commerciale. Lors de l’appel aux investisseurs du mois dernier, Zuckerberg a annoncé que les ventes de ces lunettes avaient plus que triplé en 2025, comparant leur essor à la révolution du passage des téléphones à clapet aux smartphones. Meta les positionne de plus en plus comme un vecteur de ses ambitions en intelligence artificielle. Outre la prise de photos et la lecture de musique, les utilisateurs peuvent poser des questions à Meta AI, l’assistant d’intelligence artificielle de la société, en se basant sur ce qu’ils voient à travers les lunettes. La semaine dernière, le New York Times révélait que Meta prévoyait d’intégrer une fonction de reconnaissance faciale à ces lunettes, une annonce qui soulève à nouveau des questions sur la vie privée et l’éthique des technologies portables.
