Ricursive Intelligence lève 335 millions à 4 milliards de dollars en quatre mois grâce à son IA révolutionnaire pour concevoir des puces
Anna Goldie, CEO, et Azalia Mirhoseini, CTO, cofondatrices de Ricursive Intelligence, forment un duo d’exception dans le monde de l’intelligence artificielle. Leur parcours commun, marqué par des dates symboliques — elles ont rejoint Google Brain, Anthropic, puis quitté ces entreprises le même jour — témoigne d’une synergie rare. Diplômées de Stanford, elles se sont croisées en cours, avant de devenir des figures majeures au sein de Google Brain, où elles ont co-développé l’Alpha Chip, un outil révolutionnaire capable de générer des dispositions de circuits intégrés en six heures seulement, contre une année habituellement nécessaire aux ingénieurs humains. Ce système, fondé sur un apprentissage par renforcement, a permis la conception de trois générations de Tensor Processing Units (TPU) de Google. Cette réussite, bien que controversée — un collègue aurait été licencié en 2022 pour avoir remis en cause leur travail — a établi leur crédibilité dans l’industrie. Moins de quatre mois après leur lancement, Ricursive Intelligence a levé 335 millions de dollars, dont 300 millions en série A à une valorisation de 4 milliards de dollars, menée par Lightspeed, après un financement initial de 35 millions de dollars mené par Sequoia. Contrairement à la plupart des startups de puces, Ricursive ne fabrique pas de puces, mais des outils d’intelligence artificielle pour concevoir celles-ci. Leur plateforme utilise des réseaux de neurones profonds et des modèles linguistiques (LLM) pour automatiser tout le processus de conception, de la disposition des composants à la vérification du design. L’objectif ? Accélérer le cycle de développement des puces, qu’elles soient personnalisées ou traditionnelles, en permettant à l’IA d’apprendre de chaque conception pour améliorer les suivantes. Les partenaires ciblés sont les géants de l’industrie : Nvidia, AMD, Intel, et tous les fabricants de puces. L’un des plus grands investisseurs, Nvidia, reconnaît ainsi le potentiel de cette technologie. Selon Goldie, « les puces sont le carburant de l’IA », et concevoir des puces plus puissantes est essentiel pour avancer vers l’intelligence artificielle générale (AGI). Mirhoseini souligne que le ralentissement du progrès de l’IA est freiné par la lenteur du processus de conception de puces. En permettant une évolution conjointe rapide des modèles et des architectures matérielles, Ricursive pourrait accélérer l’innovation. Si l’idée d’une IA concevant ses propres cerveaux évoque des scénarios dystopiques, les cofondatrices insistent sur les bénéfices concrets : une efficacité énergétique et économique considérable. « On pourrait atteindre une amélioration de 10 fois en performance par coût total de possession », affirme Goldie. Leur vision à long terme : créer des architectures matérielles entièrement adaptées aux modèles d’IA, rendant leur croissance plus durable. Bien que les premiers clients restent anonymes, les fondateurs affirment avoir été sollicités par tous les grands noms du secteur, confirmant l’intérêt immédiat pour leur technologie. Leur succès récent témoigne non seulement d’un besoin pressant dans l’industrie, mais aussi de la crédibilité inébranlable de deux ingénieures dont le parcours est devenu légendaire dans le monde de l’IA.
