IA découvre un anti-âge humain
La société californienne NewLimit a développé une thérapie antigère basée sur l'acide ribonucléique messager capable de rajeunir les cellules du foie chez la souris. Grâce à un système d'intelligence artificielle interne baptisé Ambrosia, les chercheurs ont identifié une combinaison spécifique de facteurs de transcription capable d'inverser l'âge cellulaire sans modifier le type cellulaire, évitant ainsi le risque de formation de tumeurs. Lors d'essais précliniques, les souris âgées traitées ont retrouvé une résistance à l'alcool comparable à celle des jeunes souris, avec un taux de survie nettement supérieur dans des modèles de lésions hépatiques sévères. Ces résultats prometteurs ont conduit la direction à accélérer le calendrier clinique. NewLimit prévoit d'initier des essais de phase I chez l'homme en 2027, principalement en Australie, auprès de patients atteints de stéatose hépatique modérée. La thérapie utilise des nanoparticules lipidiques pour cibler naturellement le foie après une perfusion intraveineuse. Les fondateurs envisagent à long terme de passer à une administration par stylo sous-cutané, bien que cette technologie soit encore en développement. L'avancement du programme a motivé une levée de fonds de série C de 435 millions de dollars, menée par Founders Fund. La société atteint désormais une valorisation d'environ 3,1 milliards de dollars. Outre la filière hépatique, NewLimit développe également des thérapies ciblant les cellules endothéliales pour les maladies rénales chroniques et les lymphocytes T pour réduire l'inflammation liée au vieillissement. Le concept repose sur les travaux récompensés par le prix Nobel de 2012 sur la reprogrammation cellulaire. Cependant, NewLimit a contourné l'obstacle majeur qui rendait cette approche dangereuse : au lieu de retourner les cellules à l'état de cellules souches, l'IA a filtré des combinaisons géniques qui restaurent uniquement la jeunesse épigénétique des tissus. Le système Ambrosia transforme les données génomiques en vecteurs numériques, permettant de prédire et d'optimiser les combinaisons de facteurs, réduisant considérablement le temps de découverte. Le président-directeur général, Jacob Kimmel, compare cette évolution au tournant des années 1970 avec l'ADN recombinant. Il estime que les géants de l'intelligence artificielle ne remplaceront pas les fabricants pharmaceutiques traditionnels, mais collaboreront avec eux. Les entreprises nées de cette convergence technologique devraient compléter l'expertise industrielle existante pour développer des traitements qui prolongent la période de vie en bonne santé.
