IA générative : réponses politiques jugées plus authentiques
Une étude publiée dans la revue PLOS One démontre que des réponses politiques générées par intelligence artificielle sont jugées plus authentiques, pertinentes et cohérentes que les interventions réelles des hommes et femmes politiques. Recherché par Steffen Herbold et ses collègues de l'université de Passau, le projet s'est appuyé sur le modèle GPT-4 Turbo pour simuler des personnalités publiques. Les chercheurs ont alimenté le système avec des biographies Wikipedia de cent douze figures politiques et ont demandé à l'IA de formuler des réponses aux questions posées lors de trente épisodes de l'émission britannique Question Time. Un échantillon représentatif de neuf cent quarante-huit Britanniques a évalué ces textes. Ils ont noté à la fois les réponses originales et les versions générées par IA, certaines fois en les comparant côte à côte. Les résultats révèlent que les réponses artificielles ont systématiquement obtenu des scores supérieurs en matière d'authenticité, de cohérence et de pertinence, avec des écarts statistiquement significatifs. L'analyse linguistique montre que l'IA utilise un vocabulaire plus varié et réduit les marqueurs épistémiques tels que je pense, tout en répondant plus directement à la question posée. Près de la moitié des réponses différaient sur le fond, l'intelligence artificielle tendant souvent à cibler précisément la demande tandis que les intervenants humains s'en éloignent. Bien que les chercheurs aient écarté la longueur du texte et les erreurs grammaticales comme explications, la portée de ces conclusions reste limitée par le cadre de l'expérience. L'essai se concentre sur un seul format de débat, une seule nation et un unique modèle de langage. D'autres facteurs non mesurés pourraient influencer les jugements des participants. Néanmoins, les auteurs soulignent que l'IA parvient à produire du contenu politique impersonné non seulement crédible, mais aussi perçu comme plus sincère que la réalité. Cette découverte alerte sur les risques de campagnes de désinformation ciblées contre des personnalités publiques. Steffen Herbold insiste sur la nécessité d'une vigilance citoyenne face aux contenus textuels générés par algorithmes, afin d'en limiter la propagation non contrôlée. Les chercheurs observent également une demande sociale forte pour plus de transparence : le public souhaite être informé de l'utilisation de l'IA et connaître les données ayant servi à son entraînement. Annette Hautli-Janisz complète en notant que la complexité des phrases demeure comparable entre les textes humains et artificiels, mais que la structure des réponses révèle des écarts pertinents. À mesure que les systèmes de langage s'améliorent, la frontière entre l'intervention réelle et la simulation algorithmique risque de devenir de plus en plus difficile à distinguer sans cadres réglementaires et outils de vérification adaptés.
