OpenAI : le job-hopping, atout pour ingénieurs tech
Gabriel Petersson, chercheur chez OpenAI, a lancé un appel aux ingénieurs en début de carrière pour rejeter la stigmatisation du changement fréquent d'employeur. Sur le réseau X, il a soutenu que la mobilité professionnelle précoce est une stratégie essentielle pour évaluer sa valeur sur le marché, comprendre les cultures d'entreprise et acquérir de l'expérience variée avant de s'engager durablement. Petersson a qualifié de "stupide" le conseil traditionnel de rester longtemps dans une même entreprise pour sa première expérience professionnelle. Traditionnellement, les recruteurs déconseillent le "job-hopping", c'est-à-dire changer de poste ou d'entreprise tous les un à trois ans, craignant que cela ne porte atteinte à la perception de la loyauté du candidat. En opposition à cette vision, Petersson encourage une approche rapide de la carrière. Il suggère aux jeunes ingénieurs de proposer des missions de stage, de collaboration à court terme d'un mois, ou de travailler comme contracteurs. Selon lui, cette méthode permet à toutes les parties prenantes de mieux évaluer les compétences et le marché, facilitant ainsi une valorisation salariale plus juste. Le chercheur s'appuie sur son propre parcours pour illustrer sa thèse. Âgé de 23 ans et ayant quitté le lycée en Suède pour se concentrer sur des startups d'intelligence artificielle, il a occupé des postes chez Dataland et Midjourney, tous deux de moins de deux ans, avant de rejoindre OpenAI en 2024. Il n'est pas le seul à défendre cette position. En avril, Ryan Roslansky, ancien PDG de LinkedIn, a également accordé la note A à l'idée de changer de travail pour augmenter ses revenus. Cependant, ces recommandations tombent à un moment où le marché du travail pour les jeunes travailleurs, particulièrement dans la technologie, est difficile. Des géants comme Meta, Oracle, Microsoft et Block ont annoncé des licenciements massifs récemment. Une firme spécialisée dans le suivi des licenciements, Challenger, Gray & Christmas, a noté une augmentation de 40 % des suppressions d'emplois dans le secteur technologique cette année, malgré une baisse globale des licenciements ailleurs. L'intelligence artificielle a également affecté durement les postes d'entrée de gamme et d'ingénierie, compliquant la recherche d'emploi pour les nouveaux diplômés et augmentant les enjeux pour ceux qui parviennent à être embauchés. Petersson soutient que certains des meilleurs ingénieurs qu'il connaît ont passé des années dans des emplois initiaux qui, rétrospectivement, n'ont pas servi de trempelets utiles. Il cite l'exemple d'un ingénieur qui a passé 2,5 ans dans une startup après le collège avec un salaire de 80 000 dollars, avant de signer plus tard un contrat multi-millionnaire. Il admet qu'une minorité de personnes réussissent leur chance en rejoignant un laboratoire d'IA de pointe ou une startup en croissance fulgurante, ce qui leur permet de gagner une vie riche en argent, mais il souligne que ces opportunités sont extrêmement rares. Pour lui, de nombreux ingénieurs talentueux ont gaspillé des années dans de mauvaises entreprises. OpenAI et Gabriel Petersson n'ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaire. Cette prise de position s'inscrit dans un débat plus large sur la manière dont les jeunes professionnels doivent naviguer dans un environnement technologique en mutation rapide, marqué par une concurrence accrue et l'essor de l'IA.
