Alito blague sur l'IA Claude pour une affaire judiciaire
Lors des audiences orales de la Cour suprême des États-Unis tenues ce lundi, le juge Samuel Alito a marqué l'assistance par une remarque humoristique concernant l'intelligence artificielle. Interpellant les parties présentes, le juge conservateur a demandé, dans un esprit de curiosité : « Avez-vous pensé que nous devrions demander à Claude de décider de cette affaire ? » Cette référence au modèle de langage massif développé par la société Anthropic a suscité l'hilarité dans la salle. L'avocat de la partie requérante, Adam Unikowsky, spécialisé chez Jenner & Block, a répondu avec une diplomatie traditionnelle en indiquant qu'il choisissait de s'en remettre au jugement avisé de la Cour plutôt qu'à une machine. Il convient de noter que l'intelligence artificielle Claude n'a joué aucun rôle réel dans l'affaire Jules c. Andre Balazs Properties, qui traite de la capacité des tribunaux fédéraux à confirmer des sentences arbitrales. La mention du modèle par le juge Alito s'inscrit donc dans un contexte de débat sur l'avenir de la technologie juridique. La raison de cette intervention réside dans le profil professionnel de Me Unikowsky. En plus d'être un avocat expérimenté ayant plaidé plus d'une douzaine de fois devant la Cour suprême, il est un défenseur passionné de l'IA dans le domaine juridique. Il a récemment publié plusieurs articles explorant l'expérimentation de ces technologies au sein de la pratique du droit. Déjà en juin 2024, il avait soutenu que l'IA pouvait décider des affaires et rédiger des opinions judiciaires avec une grande précision. Dans le cadre de ses recherches, Me Unikowsky a soumis les plaidoyers de plusieurs affaires de la Cour suprême au modèle Claude. Ses constatations ont révélé que l'algorithme décidait régulièrement des cas correctement. Lorsque les conclusions du modèle divergeaient des décisions réelles de la Cour suprême, sa propre disposition restait systématiquement raisonnable. Ces expériences ont conduit l'avocat à suggérer, l'année dernière, que les tribunaux devraient autoriser des avocats robotiques à présenter des plaidoiries orales, sans décourager cette pratique. Cette anecdote judiciaire illustre la manière dont les outils d'intelligence artificielle avancés commencent à infiltrer les discussions et les réflexions des plus hautes instances judiciaires. Bien que l'arrêt final repose toujours sur l'interprétation humaine des textes de loi et les précédents, la présence de ces modèles comme sujets de conversation ou même d'expérimentation suggère une évolution potentielle des procédures. Le juge Alito, connu pour son esprit vif, a utilisé cette occasion pour souligner l'importance croissante de l'IA, tout en maintenant les traditions procédurales par la réponse de l'avocat Unikowsky. L'impact de cette remarque réside dans la légitimation implicite de la technologie au sein de l'écosystème judiciaire. Elle démontre que les décisions de justice ne sont plus l'apanage exclusif des humains, même si leur rôle reste prépondérant. Les expérimentations menées par des professionnels du droit comme Unikowsky pourraient à l'avenir influencer les règles de procédure, favorisant peut-être l'intégration d'outils d'aide à la décision, voire de représentation directe, dans les salles d'audience. Cette convergence entre la tradition judiciaire et l'innovation technologique marque un tournant significatif dans l'histoire du système juridique américain.
