L’avenir sans travail : les grandes voix de l’IA imaginent un monde de richesse universelle, mais quel prix à payer ?
Un avenir sans travail ? Voici ce que disent Elon Musk, Bill Gates et d'autres acteurs de l’intelligence artificielle sur l’avenir. Elon Musk imagine un futur où l’intelligence artificielle rendrait toute l’humanité riche. Selon lui, les progrès de l’IA pourraient créer une société où le travail n’est plus une nécessité, mais un luxe. Dans ce scénario, les revenus générés par les systèmes d’IA seraient si importants qu’ils permettraient à chacun de vivre dans l’abondance, rendant inutiles les aides publiques comme le revenu universel de base (RUB). Bill Gates, lui, envisage une transformation plus modérée. Il pense que l’IA pourrait permettre de réduire drastiquement la durée de la semaine de travail, sans pour autant supprimer le travail lui-même. Pour lui, l’objectif serait d’optimiser le temps humain, en libérant les individus de tâches répétitives pour qu’ils puissent se consacrer à des activités plus créatives ou significatives. Sam Altman, PDG d’OpenAI, va encore plus loin. Il ne se contente pas d’un simple RUB. Il préconise un système de « richesse universelle fondée sur l’IA », où chaque individu aurait une part de propriété dans les créations de l’intelligence artificielle. « Si l’IA fait tout, et que tout le monde reçoit une part des bénéfices, ce ne serait pas suffisant », a-t-il expliqué dans une interview avec le comique Theo Von. Selon lui, il faudrait que la société entière possède une part des gains générés par l’IA, comme une forme de « dividende collectif ». Ce système, qu’il appelle une « richesse universelle », permettrait aux individus d’échanger ou de consommer leur part d’IA, tout en gardant un sentiment d’appartenance et de contrôle. Cependant, Altman reconnaît les risques : une société trop dépendante de l’IA pourrait affaiblir le sens de l’identité humaine. « Je m’inquiète aussi de ça », admet-il, mais il reste optimiste : « Les humains trouveront bien un moyen de se voir comme les héros de leur propre histoire. » Jensen Huang, PDG de Nvidia, reste plus sceptique. Il estime peu probable que le revenu universel coexiste avec un revenu très élevé pour tous. Pour lui, la distribution de la richesse générée par l’IA posera des défis économiques et politiques majeurs. Dario Amodei, fondateur d’Anthropic, fait écho à une idée de John Maynard Keynes : l’IA pourrait libérer l’humanité du travail forcé. Quant à Demis Hassabis, chef de Google DeepMind, il voit un avenir de « richesse radicale » où les ressources seraient si abondantes que les conflits de type « zéro somme » disparaîtraient. « Si cette abondance est partagée équitablement, nous pourrions vivre une ère sans précédent de prospérité », affirme-t-il. Mais il met en garde : « Ce qui arrive ensuite dépendra de nos choix politiques. » En somme, si l’IA peut transformer le monde en une société d’abondance, le vrai défi ne sera pas la technologie, mais la manière dont l’humanité choisira de partager les bénéfices.
