Monday.com et les géants tech citent l'IA pour licencier
Depuis le début de l'année 2026, le secteur technologique a enregistré environ 140 000 suppressions d'emplois aux États-Unis, avec une tendance marquée à invoquer l'intelligence artificielle comme moteur de ces restructurations. Des entreprises telles qu'Amazon, Meta, Microsoft, Oracle, Monday.com, GitLab, Cisco et Cloudflare ont annoncé des plans de licenciements significatifs, justifiés par la volonté de fluidifier les opérations, d'alléger la hiérarchie et de recentrer les capitaux sur l'intégration de l'IA et du cloud. Monday.com a réduit de près de 20 % son effectif pour accélérer sa transition vers un modèle opérationnel plus agile. Block a coupé la moitié de ses postes en février pour s'aligner sur une organisation aplatie, tandis qu'Oracle a procédé à 21 000 suppressions sur douze mois en raison du déploiement de ses outils d'automatisation. Amazon a supprimé 16 000 emplois corporatifs en janvier, explicitant que l'IA générative et les agents autonomes réduiraont progressivement le besoin en effectifs. Parallèlement, Intuit, Cisco, Cloudflare et Snap ont restructuré leurs équipes pour réduire la surcharge managériale et prioriser les infrastructures numériques et les flux de travail alimentés par l'IA. La réaction des marchés financiers reste prudente. Selon une analyse du Financial Times, les actions des sociétés ayant invoqué l'IA pour justifier des licenciements ont sous-performé le Nasdaq de près de 10 % dans le mois suivant leurs annonces, traduisant une certaine méfiance des investisseurs face à cette communication. Le paysage réel s'avère également plus nuancé : chez Meta, environ 7 000 collaborateurs licenciés ont été redéployés en interne vers des projets IA, et IBM a annoncé un triplement de ses embauches junior dans l'IA et le cloud hybride tout en réduisant d'autres postes. Inversement, des acteurs spécialisés dans l'IA, comme Anthropic et OpenAI, recrutent massivement, absorbant une partie des talents disponibles. Ces mouvements illustrent une mutation structurelle plutôt qu'une simple contraction budgétaire. Les outils d'automatisation et de génération de contenu modifient fondamentalement l'exécution des tâches, diminuant la nécessité en postes répétitifs ou intermédiaires. Les dirigeants insistent sur une réallocation stratégique des compétences au profit de fonctions à plus forte valeur ajoutée. Néanmoins, avec des réorganisations encore en cours et un contexte économique incertain, l'industrie navigue entre impératif d'innovation et nécessité de préserver sa stabilité opérationnelle.
