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Les entreprises alertent les investisseurs sur les risques majeurs de l’IA dans leurs déclarations réglementaires

De plus en plus d’entreprises américaines préviennent les investisseurs des risques liés à l’intelligence artificielle dans leurs déclarations annuelles auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC). Selon une analyse réalisée avec AlphaSense, 418 sociétés cotées valorisées à plus de 1 milliard de dollars ont mentionné des facteurs de risque liés à l’IA dans leurs rapports cette année, soit une augmentation de 46 % par rapport à 2024 et près de neuf fois plus qu’en 2023. Ces alertes concernent notamment les risques de préjudice réputationnel dus à des données d’entraînement biaisées, erronées, non sécurisées ou susceptibles de violer des droits intellectuels. Take-Two Interactive Software, éditeur de jeux vidéo, a notamment renforcé ses avertissements entre 2024 et 2025, multipliant par plus de deux le nombre de mots dédiés à l’IA dans son rapport. Son PDG, Strauss Zelnick, a souligné que l’adoption croissante de l’IA, plus importante qu’il y a un an ou deux, entraîne nécessairement une hausse des risques. Cette vigilance s’étend à divers secteurs : Visa prévient que l’usage croissant d’IA agente dans les transactions pourrait entraîner des paiements erronés, des réclamations et un dommage à sa réputation. Clorox, dans son rapport d’août, met en garde contre le risque de fuite d’informations sensibles, tandis qu’ELF Beauty, en mai, a indiqué que sa capacité à s’adapter aux évolutions technologiques, réglementaires et éthiques liées à l’IA pourrait impacter significativement ses opérations et sa situation financière. Ces avertissements reflètent une obligation légale de signaler les risques nouveaux ou évolués. M. Todd Henderson, professeur de droit à l’Université de Chicago, explique que ces « inconnues connues » sont essentielles pour informer les investisseurs. Contrairement à l’essor d’internet dans les années 1990, marqué par une prudence optimiste, les avertissements actuels sur l’IA sont plus sévères. « Perdre ses données dans un piratage, c’est grave, mais si l’IA fait des hallucinations, c’est bien pire », souligne-t-il, évoquant des conséquences potentiellement dévastatrices dans des domaines comme la médecine, le droit ou l’ingénierie. L’usage abusif par les employés, qui selon une étude KPMG et de l’Université de Melbourne implique 66 % des travailleurs dans l’acceptation passive de contenus générés par l’IA, et 72 % qui réduisent leur effort, aggrave encore les risques. Malgré ces menaces, les entreprises continuent de voir un grand potentiel dans l’IA. Le budget moyen consacré à l’IA a presque doublé en 2024, atteignant 10,3 millions de dollars en moyenne pour les sociétés de 50 millions à plus de 5 milliards de dollars de chiffre d’affaires, selon Bain & Co. À Take-Two, Zelnick affirme que l’IA permet de décharger les tâches répétitives, libérant les équipes pour des missions plus créatives. Des niveaux de jeux mobiles ont été conçus en grande partie par l’IA, une pratique inédite il y a quelques années. Pourtant, comme le reconnaît Zelnick, ne pas adopter cette technologie comporte aussi un risque. Ce dilemme – équilibre entre innovation et responsabilité – est au cœur des déclarations des entreprises, qui, tout en mettant en garde, poursuivent leur investissement massif dans l’IA.

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