安卓之父重返机器人赛道:在东京打造真正的“人形Android”
Andy Rubin, le fondateur d’Android, revient sur le devant de la scène technologique avec un projet ambitieux : créer des robots humanoïdes véritablement fonctionnels. Après avoir donné son nom à un système d’exploitation qui a révolutionné les smartphones, il entend désormais faire revivre le sens originel du mot « Android » — « machine semblant à un humain » — en construisant des robots capables de s’adapter à notre environnement comme des êtres vivants. Basée à Tokyo, la nouvelle entreprise de Rubin, Genki Robotics, reste encore dans l’ombre : pas de site web, aucune annonce d’emploi, mais un bureau opérationnel et une équipe en pleine phase de développement de prototypes. Rubin, âgé de 62 ans, vit désormais au Japon et s’active à recruter des talents pour son projet. Bien qu’il ne révèle pas de détails sur la technologie ou la vision de l’entreprise, il confirme officiellement son retour dans le domaine de la robotique. Ce choix n’est pas anodin. Depuis ses débuts, Rubin a toujours été fasciné par les machines autonomes. Né en 1963 à New York, il a grandi dans un environnement technologique, avec un père dans le commerce d’équipements électroniques. Après un diplôme en informatique, il a travaillé chez Carl Zeiss en Allemagne, puis chez Apple, où ses collègues l’ont surnommé « Android » à cause de sa passion pour les robots. Cette appellation deviendra plus tard le nom d’un projet qui transformera le monde du mobile. Après des expériences chez General Magic, WebTV et Danger Inc. (créateur du Sidekick), Rubin fonde Android Inc. en 2003. Acquis par Google en 2005, son système d’exploitation devient le leader mondial des smartphones, porté par des innovations rapides et une stratégie d’ouverture. Un moment marquant : en 2007, lors de la présentation de l’iPhone, Rubin aurait reconnu que le design d’Android était « trop des années 90 », poussant une refonte radicale. Steve Jobs, furieux de voir des fonctionnalités similaires apparaître, aurait accusé Rubin de copier son style — une anecdote qui a alimenté les rumeurs, dont une légende selon laquelle Rubin aurait affiché dans son bureau : « Steve Jobs a volé mon argent de déjeuner ». En 2013, Rubin quitte Android pour diriger le projet robotique de Google, qui rachète des géants comme Boston Dynamics. Mais en 2014, il démissionne, officiellement pour se consacrer à l’entrepreneuriat et à la philanthropie. En réalité, une enquête interne de Google en 2018 révèle des accusations de harcèlement sexuel, qu’il nie catégoriquement, qualifiant ces allégations de « campagne de dénigrement » liée à une procédure de divorce. Il repart avec une compensation estimée à 90 millions de dollars. Il fonde alors Playground Global, une accélérateur d’innovation axé sur la robotique et l’IA, avec 300 millions de dollars de fonds. Malgré un portefeuille prestigieux (Google, Tencent, Foxconn, Redpoint), ses projets comme Essential (téléphone haut de gamme) ou Simple Things (sécurité domestique) échouent sur le marché. En 2019, il quitte Playground Global. Aujourd’hui, il revient à Tokyo, un choix stratégique. Le Japon, leader historique de la robotique industrielle (Fanuc, Yaskawa, Mitsubishi), possède une expertise inégalée en fabrication fine, en mécatronique et en ingénierie. Des laboratoires comme ceux de l’Université de Tokyo mènent des recherches pionnières en robotique humanoïde. Pourtant, les précédentes tentatives japonaises — comme ASIMO (250 000 $ pièce) ou Pepper — ont échoué faute de rentabilité et de compétitivité face aux coûts humains. Ce qui change aujourd’hui, c’est l’essor de l’intelligence artificielle. Les modèles de grande taille et l’apprentissage par renforcement permettent aux robots d’interagir de manière plus fluide avec leur environnement. C’est là que Rubin pourrait jouer un rôle clé : sa double compétence en logiciels, en systèmes écosystémiques et en robotique lui donne un avantage unique. Genki Robotics, si elle parvient à allier l’ingénierie japonaise de précision et l’IA américaine, pourrait s’imposer dans un secteur en pleine croissance, malgré les défis : coût, fiabilité, scénarios d’usage concrets. 2025-2026 sera une année cruciale : le passage de la démonstration à la production à grande échelle. Le passé de Rubin, marqué par des réussites colossales et des controverses, ne garantit pas le succès. Mais son retour à Tokyo, au cœur de l’histoire de la robotique, symbolise peut-être une réconciliation avec son propre destin. Après avoir rendu les smartphones plus humains, il tente à nouveau de faire de la machine une véritable extension de l’humain. Le mot « Android » pourrait enfin reprendre son sens originel.
