Google lance Project EAT : une initiative secrète pour transformer ses employés en experts en IA
Google mène une initiative interne ambitieuse baptisée « Project EAT » pour transformer son entreprise en un lieu de travail entièrement alimenté par l’intelligence artificielle. Lancé en mai 2025 à l’initiative de collaborateurs au sein de l’unité « IA et Infrastructure » — connue internement sous le sigle AI2 —, ce projet vise à accélérer l’adoption des outils d’IA au sein de l’organisation, en standardisant leur utilisation à travers tous les départements. Piloté par Amin Vahdat, un cadre chevronné promu récemment au poste de vice-président senior et rapportant directement à Sundar Pichai, l’initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à maintenir la suprématie technologique de Google face à la concurrence. Project EAT s’inspire de la culture du « dogfooding » — l’usage interne de ses propres produits — en encourageant les employés à tester et améliorer les outils d’IA avant leur déploiement externe. Au cours d’une phase pilote de 12 semaines, l’équipe a expérimenté des outils avancés d’aide à la programmation, avec des résultats prometteurs : augmentation de la vitesse de développement, réduction du travail répétitif (toil) et amélioration de la qualité du code. Ces gains ont été observés notamment au sein de l’unité AI2, qui gère les centres de données, les puces spécialisées (TPU) et l’infrastructure fondamentale de l’IA chez Google. L’objectif affiché par le projet est de transformer Google en un « lieu de travail piloté par l’IA », où la productivité, la collaboration, la qualité du travail, l’équilibre vie pro-prive et l’innovation produit seraient considérablement renforcés. Cette vision s’inscrit dans une volonté plus large de leadership technologique, notamment après des messages clairs de la part de Sundar Pichai et de Megan Kacholia, vice-présidente ingénierie, qui ont exigé l’intégration de l’IA dans les workflows dès 2024. Amin Vahdat, figure centrale du projet, a joué un rôle décisif dans le développement des puces TPU et dans la consolidation de l’infrastructure IA de Google. Son organisation, qui emploie plusieurs milliers de personnes, reçoit une part croissante des investissements en capital technologique de l’entreprise. Project EAT vise à étendre les bonnes pratiques expérimentées au sein de l’AI2 à l’ensemble de Google, en harmonisant les standards d’utilisation de l’IA — tant internes qu’externes — et en réduisant les risques liés à l’évolution rapide du paysage IA. En résumé, Project EAT n’est pas seulement un exercice d’optimisation interne, mais une stratégie fondamentale pour que Google reste à la pointe de l’innovation en intégrant l’IA non seulement dans ses produits, mais aussi dans sa culture d’entreprise. Cette approche holistique, combinant innovation technologique, adoption massive et leadership organisationnel, illustre la manière dont les géants de la tech transforment leurs structures internes pour s’adapter à l’ère de l’IA. Évaluation : Des experts du secteur soulignent que Project EAT reflète une tendance croissante chez les leaders technologiques — transformer l’entreprise elle-même en laboratoire d’IA. Selon des analystes comme ceux de Gartner, les entreprises qui intègrent l’IA au cœur de leur culture interne, plutôt que de la considérer comme un outil externe, obtiennent des gains de productivité 2 à 3 fois supérieurs. Google, avec son écosystème intégré et sa culture d’innovation, est bien placé pour tirer parti de cette dynamique. Toutefois, des défis restent : la gestion de la surcharge cognitive liée à l’IA, la formation continue des équipes et la prévention des biais dans les outils automatisés. Vahdat et son équipe doivent désormais démontrer que la transformation est durable, non seulement en termes de performance, mais aussi en termes d’expérience employé.
