H-1B : pics Anthropic, Nvidia
Les principaux acteurs de l'intelligence artificielle, notamment Anthropic, OpenAI et Nvidia, ont intensifié leurs recours au visa H-1B au deuxième trimestre de l'exercice 2026, alors que d'autres géants technologiques réduisent leurs recrutements à l'étranger. Selon les données du département du Travail américain, Anthropic a porté ses demandes à 59, contre 10 un an plus tôt, tandis qu'OpenAI en a déposé 63, contre 20. Nvidia, fournisseur majeur de puces, affiche un total de 765 candidatures certifiées, en hausse par rapport aux 641 de la période correspondante de 2025. Cette tendance contraste fortement avec la stratégie d'autres entreprises du secteur. Meta, Microsoft, Amazon et Google ont tous enregistré une baisse de leurs demandes, Google affichant une chute de 64 %. Sur l'ensemble du marché, les soumissions totales pour l'allocation H-1B 2027 se sont établies à 211 600, en forte diminution par rapport aux 343 981 de l'année précédente. Cette baisse s'explique en partie par des réformes récentes du système de visas, qui rendent le processus plus coûteux et incertain. Les nouvelles réglementations privilégient désormais les candidats perçus comme générant un salaire plus élevé, avantageant les profils expérimentés au détriment des jeunes diplômés. De plus, un droit de dossier temporaire de 100 000 dollars a été instauré pour les candidats résidant à l'étranger. Malgré ces obstacles, les dirigeants d'Anthropic, OpenAI et Nvidia maintiennent une politique d'embauche agressive. Les experts du recrutement soulignent que, dans un contexte de guerre des talents, le coût du visa reste négligeable face au prix de la perte d'un chercheur ou d'un ingénieur spécialisé. Cette divergence reflète un changement structurel dans le secteur technologique. Alors que de nombreuses entreprises procèdent à des réductions d'effectifs générales, les leaders de l'IA recentrent leurs efforts sur des équipes réduites et hautement qualifiées. Ces groupes spécialisés, parfois appelés pods, dépendent fortement de profils étrangers dotés d'expertises rares en développement, recherche et infrastructure. Pour contourner les contraintes des visas américains, certaines sociétés envisagent également de délocaliser l'intégralité de leurs nouvelles équipes à l'étranger. Les chiffres publiés concernent les certifications du département du Travail, qui vérifient la conformité salariale et l'impact sur le marché du travail local, et ne constituent pas des approbations finales de visa. Ils illustrent toutefois une réalité croissante : malgré un climat de recrutement plus sévère, les entreprises les plus innovantes du secteur continuent de s'approvisionner en talents internationaux pour consolider leur avance technologique.
