Meta licencie, l'IA coûte cher
Le mois dernier, Meta a procédé à environ huit mille suppressions de postes, touchant de manière disproportionnée les cadres et les ingénieurs logiciels. Des documents publics détaillent les postes de 4 665 employés licenciés en Californie et dans l'État de Washington. Les managers constituent le groupe le plus affecté, avec plus de 1 400 postes supprimés, soit près d'un tiers des licenciements identifiés. Près de la moitié de ces coupes concernent des chefs d'équipe en ingénierie logicielle. Les ingénieurs individuels arrivent en deuxième position, avec environ mille postes touchés. Cette restructuration s'inscrit dans une mutation stratégique accélérée par les investissements massifs de Meta dans l'intelligence artificielle. Le PDG Mark Zuckerberg a indiqué que les suppressions visent à financer cette nouvelle dépense, et non à remplacer les salariés par des algorithmes. L'entreprise a réorganisé ses équipes en petits groupes autonomes, promouvant une culture où chaque collaborateur doit contribuer directement à la création de valeur. Des initiatives internes, telles que des semaines dédiées à l'IA, illustrent ce virage. D'autres fonctions ont également été impactées, bien que dans une moindre mesure. Quatre cent dix-neuf experts en données et trois cent un postes en gestion de produit ont été supprimés. À l'inverse, le marketing et les ventes n'ont connu que quelques dizaines de suppressions chacune. Cette répartition reflète une tendance plus large du secteur, où les entreprises privilégient désormais l'efficacité par employé au détriment de la simple accumulation de talents. Selon Jason Schloetzer, professeur à la Georgetown University, les outils d'IA réduisent progressivement le besoin en ingénieurs tout en accroissant la pression financière liée à leur développement. Le secteur ajuste désormais ses priorités à la hausse des coûts opérationnels. Des entreprises comme Block ou Coinbase ont également invoqué les avancées technologiques pour justifier des restructurations similaires, même si les embauches dans le domaine logiciel reprennent progressivement. Les conséquences de ces ajustements structurels marquent un tournant dans la gestion des ressources humaines technologiques. La priorité absolue est désormais placée sur l'intégration de l'intelligence artificielle au cœur des processus, au prix d'une refonte profonde des organigrammes traditionnels.
