Alphabet et Tesla : le coût de l'IA alourdit les résultats
La saison des résultats trimestriels a débuté par un examen minutieux des dépenses technologiques, avec les rapports d'Alphabet et de Tesla mettant en lumière l'ampleur sans précédent des investissements dans l'intelligence artificielle. Bien que les deux entreprises aient affiché un chiffre d'affaires supérieur aux attentes, leur résultat financier immédiat a provoqué un recul boursier après la clôture, avec une baisse de 3 % pour Alphabet et de 4 % pour Tesla. Cette réaction souligne une tendance préoccupante pour le secteur, notamment les autres grandes capitalisations qui publieront leurs résultats la semaine prochaine. Le moteur principal de ces mouvements reste l'explosion des dépenses en immobilisations. Alphabet a révisé ses prévisions annuelles à hauteur de 195 à 205 milliards de dollars, un chiffre qui pourrait en faire le plus gros dépensier du secteur. Au deuxième trimestre, 44,9 milliards de dollars ont été consacrés à la construction d'infrastructures pour soutenir l'expansion de l'IA, entraînant un flux de trésorerie libre négatif de 5,9 milliards de dollars, en chute libre par rapport aux 25 milliards de l'année précédente. La direction a maintenu que cette pression financière temporaire est indispensable pour capter les opportunités du secteur tout en préservant la rentabilité à long terme. De son côté, Tesla a annoncé des dépenses dépassant les 25 milliards de dollars pour l'année, soit une croissance annuelle de 200 %. Au deuxième trimestre, ces dépenses ont bondi de 142 % pour atteindre 5,79 milliards de dollars, faisant basculer le flux de trésorerie libre dans le rouge à moins 1,1 milliard de dollar. Le directeur général Elon Musk a justifié cette accélération en expliquant que l'entreprise doit investir à un rythme maximal pour déployer rapidement ses technologies de conduite autonome, ses robots humanoïdes Optimus et une usine de fabrication de puces au Texas. Il a comparé cette expansion industrielle à celle du modèle T de Ford, assurant que l'efficacité capitaliste secondaire est acceptable si cela permet d'accélérer les déploiements. Ces annonces interviennent dans un contexte où les investisseurs s'inquiètent du retour sur investissement de la course à l'IA. La démocratisation de modèles ouverts moins coûteux, en particulier chinois, et une certaine frugalité accrue des entreprises face aux services d'IA remettent en question la viabilité des modèles de déploiement massif. Pourtant, les analystes restent majoritairement optimistes. Des experts soulignent que ce sacrifice temporaire de la rentabilité au profit des infrastructures suit une trajectoire déjà éprouvée par les géants technologiques. Ils estiment que les investissements d'Alphabet dans la recherche et ses services nuagiques, ainsi que la vision stratégique de Tesla, devraient générer des rendements substantiels dans un horizon de douze à trente-six mois, apaisant ainsi les craintes actuelles sur une surdépendance ou un surinvestissement technologique.
