Netflix met en garde ByteDance : son outil d’IA génère des vidéos piratées à grande vitesse
Netflix a envoyé une lettre de mise en demeure à ByteDance, la société mère de TikTok, en réaction à l’essor d’un outil d’intelligence artificielle vidéo baptisé Seedance 2.0, qu’elle qualifie de « moteur de piraterie à haute vitesse ». Cette lettre, datée du mardi soir, dénonce l’utilisation massive de contenus protégés par le droit d’auteur de Netflix, notamment des personnages emblématiques et des univers visuels de séries comme Stranger Things, Bridgerton, Squid Game, ainsi que du film animé KPop Demon Hunters. Selon Netflix, Seedance 2.0 reproduit avec une précision alarmante des scènes, costumes et décors emblématiques — comme la robe « Lady in Silver » de Bridgerton ou les monstres du Stranger Things finale — en générant des vidéos dérivées sans autorisation. Des exemples ont même été identifiés où des figures réelles, comme Elon Musk, sont intégrées dans des environnements fictifs de Squid Game. La société affirme que ces contenus sont produits à grande échelle, via une formation sur des bases de données contenant des œuvres protégées, et que cette pratique ne peut pas être justifiée par le « droit de citation » ou le « fair use ». Netflix exige de ByteDance qu’elle cesse immédiatement la génération de contenus ressemblant à son IP, retire tous les contenus infractueux de ses plateformes, élimine les œuvres de Netflix de ses jeux de données d’entraînement, et fournisse une liste exhaustive des contenus générés illégalement. Elle exige également la révocation des accès pour les partenaires commerciaux utilisant l’outil. La réaction de Netflix n’est pas isolée. Disney a envoyé une lettre similaire, accusant Seedance d’avoir utilisé une « bibliothèque piratée » de personnages de Marvel, Star Wars et autres franchises, comme si ces œuvres étaient du domaine public. Paramount Skydance a également envoyé une mise en demeure semblable. Ces réactions soulignent une inquiétude croissante parmi les géants du divertissement face à l’essor des modèles d’IA générative capables de recréer fidèlement des œuvres protégées. En réponse, un porte-parole de ByteDance affirme que l’entreprise « respecte les droits de propriété intellectuelle » et qu’elle « prend des mesures pour renforcer les protections existantes » afin d’éviter l’utilisation non autorisée des images ou des ressemblances de personnalités. Toutefois, les critiques s’accumulent : des créateurs, comme le scénariste Rhett Reese (Deadpool), expriment leur crainte que l’ère de la création originale soit en train de s’effondrer face à l’automatisation massive de contenus. Cette crise illustre le conflit croissant entre l’innovation technologique et la protection des droits d’auteur. Si les outils comme Seedance 2.0 ou Sora d’OpenAI (avec lequel Disney a conclu un accord) ouvrent des perspectives créatives, ils posent aussi des questions fondamentales sur la légitimité de l’entraînement sur des œuvres protégées. Les experts en propriété intellectuelle estiment que la réponse juridique actuelle pourrait marquer un tournant dans la régulation des IA génératives, en établissant que la reproduction massive d’œuvres protégées, même si elle est automatisée, ne peut être considérée comme un usage légitime.
