Nvidia rompt son traditionnel lancement de GPU à CES 2026, la crise de la mémoire GDDR7 en cause
Pour la première fois en cinq ans, Nvidia ne présentera pas de nouvelles cartes graphiques lors du CES – la rumeur de l’arrivée de la série RTX 50 Super est enterrée. (Image credit : Nvidia) Alors que l’industrie entière est plongée dans une pénurie de composants, Nvidia a annoncé sur X (anciennement Twitter) que sa conférence de l’année 2026 ne comporterait aucune nouvelle GPU, mettant fin à l’attente de nombreux constructeurs de PC. Ce choix rompt avec une tradition de cinq ans, durant lesquels la société avait systématiquement dévoilé de nouveaux produits, qu’ils soient destinés au bureau ou au mobile. Bien qu’aucune confirmation officielle n’ait été donnée, la pénurie de mémoire DRAM semble être à l’origine de ce report. En effet, Nvidia avait présenté la série RTX 40 Super lors du CES 2024, un an après le lancement des premières cartes basées sur l’architecture Ada Lovelace. Cette fois, cependant, les nouvelles cartes Blackwell utilisent de la mémoire GDDR7, plus complexe à produire. La situation s’est tellement dégradée que des rumeurs extravagantes circulent, comme celle d’un possible retour en production de la RTX 3060, qui utilise de la GDDR6 et est fabriquée sur le processus 8nm plus ancien de Samsung. La source de la mémoire reste le nœud du problème. Sans accès à des usines capables de produire des DRAM de pointe, il est impossible pour Nvidia d’annoncer de nouvelles cartes. Seules trois entreprises dans le monde – Micron, SK Hynix et Samsung – maîtrisent cette technologie, et toutes privilégient les clients dans le domaine de l’intelligence artificielle, où les marges sont nettement plus élevées. L’essor de l’IA générale (AGI) a déclenché une course technologique sans précédent, avec des entreprises comme OpenAI consommant des ressources informatiques à un rythme inédit, dépassant largement les capacités de nos chaînes d’approvisionnement. Certains se demandent pourquoi les gouvernements n’interviennent pas pour protéger les consommateurs. La réponse réside dans la géopolitique : l’IA de pointe est désormais un enjeu stratégique, un nouvel « bras de fer » entre les États-Unis et la Chine, et Washington souhaite conserver son avance. En définitive, aucune solution miracle n’est en vue. Comme lors des crises de mémoire de 2014 ou des pénuries de GPU des dix dernières années, il faudra attendre que l’engouement pour l’IA ralentisse. Pour l’instant, les prix des cartes Nvidia n’ont pas encore augmenté, mais ce pourrait être la dernière fenêtre de calme avant un retour des sur-ventes et des prix gonflés. Toutefois, des voix comme celle du responsable de la communication de Sapphire restent optimistes : même dans cette tempête, l’industrie finira par s’en sortir. Suivez Tom's Hardware sur Google News ou ajoutez-le à vos sources préférées pour ne manquer aucune de nos actualités, analyses et tests.
