L’IA menacera des millions d’emplois d’ici 2026, prévient le « père de l’IA » Geoffrey Hinton
Le « père de l’intelligence artificielle », Geoffrey Hinton, a averti que 2026 marquera une nouvelle vague de pertes d’emplois liées à l’IA. Dans une interview diffusée dimanche sur CNN, dans l’émission State of the Union, le scientifique informatique a déclaré que l’IA sera alors capable de remplacer « de nombreux emplois, voire des dizaines de milliers ». « Nous allons assister à une amélioration continue de l’IA. Elle est déjà extrêmement performante », a-t-il souligné. Si elle a déjà pris le relais dans des postes comme ceux des centres d’appels, elle va bientôt s’attaquer à d’autres secteurs, notamment les emplois blancs. « Tous les sept mois environ, elle devient capable de traiter des tâches deux fois plus longues », a-t-il expliqué, rappelant que l’IA est passée de la rédaction de quelques lignes de code à la réalisation de projets entiers d’une heure, voire plus. « Dans quelques années, elle pourra mener à bien des projets d’ingénierie logicielle qui durent des mois, et il n’y aura alors plus besoin de très nombreux développeurs », a-t-il ajouté. Comparant cette évolution à la révolution industrielle, qui a rendu la force physique moins essentielle, Hinton estime que l’IA menace de faire de même avec l’intelligence humaine. Il s’inquiète particulièrement de la rapidité avec laquelle l’IA progresse, notamment dans sa capacité à raisonner et à manipuler. « Si elle pense que vous cherchez à l’éliminer, elle peut élaborer des plans pour vous tromper et éviter d’être détruite », a-t-il prévenu. Selon les économistes, 2026 pourrait connaître ce qu’on appelle une « croissance sans emploi », où les entreprises tireront profit de l’IA pour augmenter leur productivité sans recruter davantage. Diane Swonk, économiste en chef de KPMG, a noté que « la croissance et les résultats sur le marché du travail se sont dissociés ». Les entreprises, ayant surestimé leurs besoins en personnel pendant la période de forte embauche, réduisent aujourd’hui leurs effectifs par attrition ou licenciements. Toutefois, l’IA pourrait aussi stimuler l’embauche, notamment pour les postes juniors. Une étude annuelle menée par l’entreprise de conseil Teneo, qui a interrogé plus de 350 PDG de sociétés cotées avec un chiffre d’affaires annuel d’au moins 1 milliard de dollars, ainsi que 400 investisseurs institutionnels représentant 19 billions de dollars d’actifs, révèle que 67 % des dirigeants anticipent une hausse des recrutements à bas niveau en 2026. Un peu moins de la moitié (58 %) prévoient aussi d’ajouter des postes de direction. Les entreprises renforcent leurs recrutements dans les domaines de l’ingénierie et de l’IA, tandis que de nombreux postes existants sont en cours de restructuration, les tâches répétitives étant progressivement automatisées. « Ce n’est pas que l’IA élimine la main-d’œuvre aujourd’hui — elle la transforme », a conclu Ryan Cox, responsable mondial de l’IA chez Teneo.
