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Anthropic vise la biotech avant son IPO

À l’approche de son introduction en Bourse attendue le mois prochain, Anthropic présente la recherche biomédicale comme un pilier de sa stratégie. Dans son document d’enregistrement, l’éditeur de Claude se décrit comme un acteur clé de la prochaine génération de recherches biologiques et médicales, affirmant que l’intelligence artificielle peut accélérer l’innovation scientifique et rapprocher la découverte de traitements pour les grandes maladies. Cette vision vise à convaincre les investisseurs, mais aussi à soutenir l’image publique de l’entreprise et son expansion au-delà des outils d’ingénierie logicielle. Le positionnement a été renforcé en avril par l’arrivée au conseil d’administration d’Anthropic de Vas Narasimhan, directeur général du géant pharmaceutique Novartis. L’entreprise cherche à séduire une industrie habituée à investir des milliards dans la recherche et développement. Selon le document, les dépenses mondiales du secteur pharmaceutique pourraient dépasser 2 000 milliards de dollars en 2026. Anthropic indique que neuf des dix plus grands groupes pharmaceutiques et huit des dix plus grands groupes de santé du Fortune 500 ont dépensé au moins 100 000 dollars auprès de lui sur une période annuelle récente. Le modèle Claude serait utilisé en découverte et développement de médicaments par des clients, des partenaires biotechnologiques et les propres équipes d’Anthropic. L’entreprise met en avant sa collaboration avec Eli Lilly, où 50 000 collaborateurs disposent d’un accès professionnel à Claude et plus de 85 % l’utilisent activement. Cette montée en puissance s’accompagne du lancement, en juin, de Claude Science, en version bêta. La concurrence s’intensifie dans l’IA appliquée à la santé: OpenAI propose une offre nommée Rosalind, tandis qu’Isomorphic Labs, société issue de Google, vise la création de traitements contre le cancer grâce à l’intelligence artificielle. Sur le plan stratégique, le PDG Dario Amodei défend la primauté de la biologie dans les progrès futurs de l’IA. Il estime que la recherche assistée par l’intelligence artificielle pourrait prévenir ou traiter toutes les maladies infectieuses, éliminer la plupart des cancers et doubler la durée de vie humaine. Ben Mann, coresponsable du laboratoire interne ayant créé Claude Code, a confirmé en août que ses équipes orientent davantage leurs travaux vers ces promesses thérapeutiques. Ces ambitions restent confrontées au scepticisme du grand public. Une enquête publiée par Anthropic en août a révélé que 91 % de ses collaborateurs pensent que l’IA permettra une découverte de niveau Nobel d’ici 2030, contre 39 % des adultes américains. À ce jour, aucun médicament conçu grâce à l’IA n’a obtenu d’autorisation de mise sur le marché auprès de l’agence américaine du médicament, la FDA. Pour les investisseurs, l’enjeu est double: convaincre que l’intelligence artificielle ne se limite pas au codage et que sa promesse médicale peut devenir une source de revenus durable.

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