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Google envoie un TPU en orbite pour le calcul spatial

Google a placé avec succès son premier satellite de calcul orbital au cours d’un lancement récent depuis la Californie, marquant une étape clé pour son projet Suncatcher. Conçu en collaboration avec Planet Labs et transporté par une fusée SpaceX, ce prototype embarque une unité de traitement tensoriel de Google, l’équivalent de ses puces dédiées à l’intelligence artificielle. L’objectif est de vérifier la résistance de cette architecture aux contraintes spécifiques du spatial, notamment la gestion de l’énergie, du refroidissement et des radiations. Une fois opérationnel, le satellite activera sa puce par impulsions de quinze minutes afin de préserver ses systèmes. À terme, Google prévoit de déployer des satellites plus spécialisés capables de communiquer via des liaisons laser. Cette mission s’inscrit dans une stratégie à long terme visant à constituer un réseau de calcul en orbite. Le projet entend aligner une soixantaine de satellites en formation serrée afin de traiter parallèlement les charges de travail IA futures. Selon Travis Beals, directeur du projet, la latence et la bande passante entre les puces constitueront des enjeux majeurs pour le calcul distribué. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les besoins actuels, Google anticipe les architectures informatiques qui domineront dans cinq ans. Pour que cette vision devienne une réalité économique, Google a publié récemment une étude évaluée par des pairs dans la revue Joule. L’analyse met en avant la nécessité de réduire drastiquement les coûts de lancement. En s’appuyant sur la courbe d’apprentissage historique de SpaceX, l’entreprise estime qu’une tarification proche de deux cents dollars par kilogramme est atteignable d’ici 2035. À ce prix, le déploiement d’un centre de données orbital massif nécessiterait environ mille six cents à mille huit cents lancements de la fusée Starship sur une décennie. Une exigence opérationnelle considérable pour un véhicule qui n’a encore jamais effectué plus de cinq vols annuels, bien que SpaceX affiche des ambitions beaucoup plus ambitieuses. Sur le plan technique, les essais menés en accélérateur de particules ont révélé une sensibilité aux radiations spatiales, confirmant toutefois une robustesse suffisante pour des missions de cinq ans. Le taux d’erreur pour les opérations d’inférence se situe autour d’une erreur sur un million, un résultat jugé viable par l’entreprise. En revanche, l’entraînement massif de modèles sur de longues périodes pourrait rencontrer des difficultés liées à l’accumulation de défaillances logiques. Malgré ces défis, Google conserve son investissement dans cette infrastructure orbitale, distinguant ainsi son approche structurée des tentatives ponctuelles de startups. Cette démarche positionne l’éditeur comme un acteur majeur dans la conception des prochaines générations d’infrastructures informatiques déconnectées de la Terre.

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