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il y a 2 jours
Robotique

MIT dévoile FloatForm : bateaux robots auto-assemblables

Une équipe de chercheurs du MIT a mis au point FloatForm, un système de mini-bateaux robots autonomes capables de s’assembler automatiquement pour former des structures flottantes modulaires. Développé au sein du laboratoire CSAIL et du Senseable City Lab, ce projet, récemment publié dans Nature Communications, prolonge les travaux du système Roboat testé à Amsterdam en passant à une échelle réduite et hautement distribuée. Chaque unité mesure vingt et un centimètres de côté et intègre propulseurs, capteurs et systèmes d’attache magnétique. Inspiré des nattes de fourmis incas, le système fonctionne sur un principe décentralisé : plutôt qu’un ordinateur central ordonne chaque mouvement, les bateaux échangent leurs positions avec leurs voisins directs et se coordonnent simultanément. Cette approche réduit la complexité de calcul et permet à la flotte de se reconfigurer, de traverser une zone d’un bloc ou de se disperser sur simple commande. Une liaison mécanique à engrenage et structures auxétiques d’inspiration origami maintient les unités solidaires sans consommer d’énergie en état fixe, optimisant ainsi l’autonomie des batteries. Lors d’expériences en bassin, la flotte a réussi à s’assembler, se reformer en une nouvelle configuration et se déplacer collectivement avec un taux de réussite allant de soixante-dix à quatre-vingt-dix pour cent, selon le nombre de bateaux impliqués. Le cadre algorithmique prouve sa scalabilité : le temps d’assemblage reste stable même avec des essaims bien plus nombreux. La résistance structurelle augmente également lors de l’agglomération, atténuant les effets des courants et des vagues. Les chercheurs envisagent des applications concrètes pour transformer les plans d’eau urbains en espaces programmables. Ponts temporaires lors de crises, plateformes éphémères pour marchés ou festivals, stations de chargement rétractables ou réseaux de capteurs pour l’observation environnementale figurent parmi les perspectives. Le passage à un environnement réel exigera toutefois des adaptations : remplacement des ultrasons en eau libre par le GPS ou la vision artificielle, renforcement des mécanismes d’accrochage et ajustement aux perturbations hydrodynamiques. L’architecture de coordination, volontairement indépendante des capteurs, facilitera cette transition. Cette percée marque un pas significatif vers la robotique collective autonome en milieu aquatique. En déplaçant la charge computationnelle vers les unités individuelles, l’équipe du MIT démontre qu’il est possible de créer des infrastructures flottantes adaptatives, résilientes et économes en énergie. Les villes côtières, les réseaux fluviaux et les zones de secours pourraient rapidement bénéficier de cette technologie pour optimiser l’espace maritime et répondre aux défis logistiques et environnementaux.

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