Karpathy prévoit une révolution : "vibe coding" va transformer le logiciel à jamais
Andrej Karpathy, cofondateur d’OpenAI et ancien responsable de l’intelligence artificielle chez Tesla, a lancé en février dernier le terme « vibe coding », qui a rapidement pris une ampleur inattendue dans le monde du développement logiciel. Aujourd’hui, alors que 2025 touche à sa fin, il partage ses réflexions sur l’année écoulée dans un billet publié sur X (anciennement Twitter), où il revient sur l’impact de cette notion qu’il a lui-même popularisée. Selon Karpathy, le « vibe coding » marque une rupture majeure : il déplace la programmation de l’apanage des professionnels hautement formés vers une pratique accessible à un public bien plus large. « Avec le vibe coding, la programmation n’est plus réservée aux experts », écrit-il, soulignant que les personnes ordinaires tirent davantage de bénéfices des modèles de langage à grande échelle (LLM) que les professionnels, les entreprises ou les gouvernements. Cette évolution, selon lui, permet aux développeurs expérimentés de produire bien plus de logiciels — souvent rapidement, sans formalisme rigide — qu’ils n’auraient pu le faire autrement. Le phénomène a déjà transformé la manière dont les logiciels sont conçus. Karpathy décrit ce nouveau type de code comme « libre, éphémère, malléable, jetable après une seule utilisation ». Il voit dans cette tendance une véritable « terrafication du logiciel » — une métamorphose profonde de l’industrie, qui réinvente non seulement les processus de développement, mais aussi les rôles professionnels. Karpathy reconnaît avec humour avoir lancé le terme dans un tweet spontané, rédigé pendant une douche, sans imaginer l’ampleur de son écho. « Amusant, j’ai inventé le terme « vibe coding » dans un tweet de pensées improvisées, totalement ignorant de la trajectoire qu’il allait prendre », écrit-il. Cependant, l’efficacité réelle du vibe coding reste sujette à débat. Une étude menée par METR en juillet a révélé que les assistants d’écriture de code assistés par l’IA ont réduit la productivité des développeurs expérimentés de 19 %. Les chercheurs ont également noté une surconfiance générale : les développeurs s’attendaient à une amélioration de 20 % de leur productivité, bien au-delà des résultats réels. Malgré cela, le phénomène a débloqué une nouvelle forme de création technologique. Des non-techniciens parviennent désormais à concevoir, déployer et même vendre des applications en quelques minutes. Jack Dorsey, fondateur de Twitter, a ainsi développé un nouvel outil de messagerie en utilisant cette méthode. Des startups et des projets personnels émergent à une vitesse inédite. Karpathy salue également les progrès de Google avec son modèle d’image Nano Banana, et qualifie Claude Code de « première démonstration convaincante de ce qu’un agent LLM peut être ». Pour lui, 2025 a été une année « passionnante et légèrement surprenante » pour les modèles de langage, marquée par des avancées rapides et des effets imprévus sur la société et la technologie.
