Elon Musk contre OpenAI : les révélations explosives d’un procès qui met en lumière les ambitions, les conflits et les secrets du géant de l’IA
En février 2024, Elon Musk a intenté une poursuite contre OpenAI, alléguant que l’entreprise avait trahi sa mission initiale à but non lucratif, fondée avec son soutien financier. Malgré les tentatives d’OpenAI de faire rejeter l’affaire, le juge fédéral Yvonne Gonzalez Rogers a décidé que le dossier devait être porté devant un jury, avec un procès prévu pour le 27 avril dans une cour fédérale de Californie du Nord. Musk accuse les dirigeants d’OpenAI, notamment Sam Altman, Ilya Sutskever, Greg Brockman et Mira Murati, d’avoir abandonné les principes fondateurs au profit d’un modèle commercial centré sur les profits, en particulier après l’investissement massif de Microsoft. Les documents déclassés la semaine dernière, incluant des dépositions partielles des principaux acteurs (dont Satya Nadella, ancien PDG de Microsoft), révèlent un tableau complexe de tensions internes, de conflits d’intérêts et de stratégies commerciales. En 2022, OpenAI était préoccupée par la montée de Stability AI, et Sutskever exprimait déjà des inquiétudes sur la compétition. À cette époque, l’entreprise envisageait même d’interdire aux investisseurs de soutenir des laboratoires concurrents. La déposition d’Altman montre qu’il ressentait toujours un besoin constant d’accélérer le progrès, notamment face à la concurrence. Le rôle de Microsoft s’impose comme central. Initialement, le géant a approuvé un investissement de 2 milliards de dollars, mais a finalement réduit sa participation à 1 milliard, espérant ainsi forcer OpenAI à se commercialiser — une démarche en contradiction avec sa mission non lucrative. En échange, Microsoft a obtenu un intérêt convertible, des droits sur les bénéfices (coupés à 2000 % de son investissement) et une part de 49 % des bénéfices d’OpenAI, tandis que la structure non lucratif ne toucherait que 2 % — jusqu’à ce que les investisseurs soient remboursés (soit 261 milliards de dollars au total). L’accord de 2023 a aussi élargi les droits de propriété intellectuelle de Microsoft à toutes les innovations d’OpenAI, sauf celles liées à l’AGI, et lui a permis d’envoyer jusqu’à 20 employés au sein d’OpenAI. La destitution d’Altman en 2023, suivie de sa réintégration, est au cœur de la controverse. Des témoignages, notamment de Helen Toner et Tasha McCauley, révèlent que la décision d’évincer Adam D’Angelo, fondateur de Quora, n’était pas motivée par un conflit d’intérêts réel — son produit Poe utilisait des modèles d’IA d’autres entreprises, sans en développer de nouveaux. Les raisons avancées (problèmes de communication) semblaient donc artificielles. D’ailleurs, Altman n’aurait jamais discuté du problème avec D’Angelo, selon Toner. Une autre tension émerge autour du fonds d’investissement de Altman, dont Musk n’était pas au courant, et dont il était le principal actionnaire — ce qui soulève des questions sur son indépendance en tant que membre du conseil. Sutskever, quant à lui, détenait environ 4 milliards de dollars en actions OpenAI à l’époque du départ d’Altman, selon une évaluation interne. Une conversation entre Altman, Nadella et Brad Lightcap révèle que le rachat des parts des employés pourrait coûter entre 25 et 29 milliards de dollars, suggérant que Sutskever était le plus gros actionnaire individuel. Enfin, les échanges entre Musk et Altman montrent une relation tendue mais respectueuse. Musk, en 2023, critique publiquement OpenAI, mais Altman le qualifie de « héros » et lui exprime sa reconnaissance. Cependant, les tensions persistent, notamment sur la question de la gouvernance et de l’alignement des intérêts. Les experts du secteur estiment que cette affaire va bien au-delà d’un conflit personnel : elle met en lumière les enjeux fondamentaux de la gouvernance des entreprises d’IA, de la transparence des conflits d’intérêts et de la pression exercée par les investisseurs pour accélérer la rentabilité, même au détriment des objectifs éthiques initiaux. OpenAI, aujourd’hui une entreprise valorisée à plus de 500 milliards de dollars, est devenue un symbole des défis que pose la montée de l’IA à l’ère du capitalisme technologique.
