Reed Jobs et Yosemite : IA et biotech contre le cancer
Reed Jobs, fils du défunt Steve Jobs, préfère que son héritage soit associé à ses travaux en biotechnologie plutôt qu'à sa lignée familiale. Trois ans après la création de Yosemite, une firme de capital-risque dédiée à l'oncologie, l'investisseur annonce l'ouverture d'un deuxième fonds de 350 millions de dollars. La structure se distingue par son modèle hybride, combinant philanthropie sans contrepartie et investissements classiques pour transformer des recherches universitaires précoces en startups pharmaceutiques opérationnelles. Environ un tiers du nouveau capital financera des entreprises créées de toutes pièces par l'équipe de Jobs, tandis que le reste soutiendra des initiatives externes prometteuses. Le secteur biomédical traverse une phase de renouveau marquée par une baisse des taux d'intérêt, une liquidité record chez les grands laboratoires et une vague massive de pertes de brevets. Cette conjoncture a relancé les acquisitions et favorisé l'émergence de thérapies innovantes. Yosemite profite de ce contexte en intégrant systématiquement l'intelligence artificielle à ses processus. L'IA accélère considérablement la découverte de cibles thérapeutiques, permettant de cibler des protéines autrefois considérées comme injoignables, comme le gène KRAS. Elle optimise également le développement clinique en réduisant le nombre de patients nécessaires grâce à des bras de contrôle synthétiques générés à partir de données existantes. Le portefeuille de Yosemite s'enrichit de sociétés exploitant ces avancées. Tune Therapeutics utilise l'édition épigénétique, une technique modulant l'expression des gènes sans modifier la séquence d'ADN, pour inhiber l'hépatite B, un facteur majeur de cancer du foie, tandis que Histosonics met à l'échelle une technologie d'ultrasons non invasifs détruisant spécifiquement les tumeurs hépatiques et pancréatiques. L'entreprise vise également le gène suppresseur de tumeur p53, fréquemment désactivé dans les cancers humains, considérant sa réactivation comme une étape cruciale. Selon Reed Jobs, la réussite dans ce domaine exige à la fois une rigueur scientifique et une capacité de communication claire, les investisseurs récompensant les projets dont la vision est efficacement portée par la direction. Tout en encourageant les propositions fondées sur la preuve scientifique plutôt que sur le prestige des candidats, Jobs reste prudent concernant l'industrie de la longévité. Il souligne l'absence de consensus sur les mécanismes biologiques du vieillissement, jugeant prématurée toute approche tentant d'uniformiser une réalité biologique intrinsèquement complexe. En consolidant son expertise en oncologie et en capitalisant sur les synergies entre capital-risque et intelligence artificielle, Yosemite se positionne comme un acteur agile dans la quête de thérapies révolutionnaires contre le cancer.
