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Sony et Warner poursuivent Anthropic pour paroles piratées

Sony Music Publishing et Warner Chappell Music ont intenté un procès contre Anthropic et ses cofondateurs Dario Amodei et Benjamin Mann pour violation de droits d'auteur. La plainte, déposée vendredi devant le tribunal fédéral de Californie du Nord, accuse l'éditeur d'intelligence artificielle d'avoir massivement téléchargé et utilisé sans autorisation des milliers de paroles et partitions musicales protégées pour entraîner ses modèles Claude. Parmi les œuvres citées figurent des succès internationaux de Taylor Swift, Mariah Carey, Lionel Richie et Leonard Cohen. Selon le dossier, Anthropic aurait exploité des archives numériques illégales pour s'approprier ces contenus. Cette pratique s'ajoute à une décision judiciaire de juin 2025, qui avait déjà établi qu'Anthropic avait téléchargé plus de sept millions de livres piratés pour former son réseau neuronal. Les plaignants soulignent que l'utilisation de ces œuvres protégées permettrait aux modèles Claude de reproduire ou de copier intégralement des paroles protégées dans leurs réponses, créant ainsi une concurrence directe avec les créations humaines. Sony et Warner Chappell réclament un procès devant jury et des dommages et intérêts statutaires pouvant atteindre 150 000 dollars par composition utilisée. Les maisons d'édition rappellent que l'innovation technologique doit s'inscrire dans le cadre légal et que le modèle Claude n'échappe pas à cette règle. Cette action s'inscrit dans une vague croissante de litiges opposant le secteur créatif aux éditeurs d'intelligence artificielle. Depuis l'essor des grands modèles de langage, de nombreuses entreprises technologiques doivent constituer d'importants ensembles de données pour entraîner leurs systèmes, ce qui a provoqué de multiples controverses. Anthropic avait déjà reconnu en septembre dernier, dans le cadre d'un accord transactif, le versement de plus d'un milliard et demi de dollars à des auteurs pour compenser l'utilisation non autorisée d'œuvres littéraires. Du côté des concurrents, OpenAI fait également face à plusieurs poursuites, notamment celles du New York Times et de l'Encyclopædia Britannica. Le tribunal sera amené à déterminer si l'exploitation massive de contenus protégés constitue une violation des lois sur le droit d'auteur ou si elle relève d'une exception légale pour l'entraînement des modèles d'IA. La décision aura des répercussions majeures sur les pratiques de collecte de données et le développement futur des technologies génératives.

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