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Projet Stargate : Oracle alerte sur les retards électriques

L'un des projets d'infrastructure d'intelligence artificielle les plus ambitieux des États-Unis, Stargate, rencontre des obstacles majeurs liés à l'alimentation électrique et aux autorisations réglementaires. Oracle a récemment notifié à ses partenaires du centre de données Project Jupiter, situé au Nouveau-Mexique, une clause de force majeure. Cette décision vise à reporter les paiements contractuels si des contraintes externes entraînent des retards, anticipant un possible dépassement de l'échéance de mise en service prévue en 2028. Lancé en début 2025 par une coalition regroupant OpenAI, SoftBank, Oracle et MGX, Stargate a pour objectif d'investir jusqu'à 500 milliards de dollars sur quatre ans afin de déployer une puissance de calcul massive sur le sol américain. Si le premier site à Abilene (Texas) est déjà opérationnel, l'expansion du réseau se heurte désormais à des réalités physiques et juridiques. Project Jupiter, principal locataire du nouveau complexe, doit être alimenté par un micro-réseau électrique de 2,45 gigawatts. Initialement prévu avec des turbines à gaz, le projet a été adapté en 2025 vers des piles à combustible à oxydes solides de chez Bloom Energy. Bien que cette solution réduise la consommation d'eau et certains polluants, elle reste dépendante du gaz naturel. La construction des pipelines de ravitaillement et l'obtention des autorisations environnementales de qualité de l'air restent en suspens. En août 2026, la justice néo-mexicaine a temporairement suspendu ces permis, un blocage partiellement levé en septembre mais qui maintient le système électrique hors service malgré la construction des bâtiments. Ces délais pèsent directement sur le financement du projet. Les créances d'un consortium bancaire assurant environ 18 milliards de dollars de dette sont actuellement négociées en dessous de leur valeur nominale sur le marché secondaire, reflétant l'inquiétude des investisseurs face au retour sur investissement. Pour Oracle, dont les dépenses d'investissement explosent, chaque retard reporte la capacité à transformer ces infrastructures en revenus de cloud. Le cas de Project Jupiter met en lumière un goulot d'étranglement systémique. Alors que les promoteurs ont annoncé avoir verrouillé plus de 10 gigawatts de capacité, la grande majorité des projets restent à l'état d'accords ou de chantiers en cours. La contrainte n'est plus seulement technologique ou financière, mais infrastructurelle. L'approvisionnement énergétique, le raccordement aux réseaux de distribution et les autorisations environnementales exigent des cycles de plusieurs années, bien plus longs que les rythmes de déploiement des serveurs. Des États comme le Texas commencent d'ailleurs à suspendre les nouvelles homologations pour réévaluer la capacité de leurs réseaux face à une demande de raccordement dépassant largement l'offre historique. Au final, si la compétition pour les puces et les modèles IA continue de s'accélérer, la construction des infrastructures énergétiques et logistiques constitue désormais le véritable limiteur physique qui déterminera le rythme réel de la transformation numérique.

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