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UCSF évalue HeartBot : IA pour femmes et crises cardiaques

Des chercheurs de l’Université de Californie à San Francisco, de l’UCLA et de l’Université de Californie à Davis ont développé HeartBot, une application de discussion assistée par une intelligence artificielle conçue pour aider les femmes à mieux reconnaître les signes des maladies cardiovasculaires et les symptômes d’une crise cardiaque. Le projet est dirigé par Yoshimi Fukuoka, professeure et chercheuse en sciences infirmières à UCSF. HeartBot a été lancé en 2021 avant une version améliorée, HeartBot II, présentée en 2025. Celle-ci repose sur un modèle de langage de grande taille, capable de tenir des conversations plus naturelles et personnalisées. L’outil s’appuie néanmoins sur une base de connaissances validée par l’équipe de recherche, afin de limiter le risque de fournir des informations médicales fausses ou trompeuses. L’application aborde les bases des maladies cardiaques, les facteurs de risque, la prévention et surtout les symptômes d’un infarctus. Elle explique par exemple que si la douleur thoracique reste un signe fréquent chez les hommes comme chez les femmes, les patientes présentent plus souvent des essoufflements, des nausées, des vomissements ou des douleurs dans le dos ou la mâchoire. Ces symptômes peuvent être moins typiques et donc plus difficiles à identifier. L’objectif est d’encourager les utilisatrices à chercher rapidement de l’aide, notamment en composant le numéro d’urgence en cas de suspicion de crise cardiaque. Cette initiative répond à un recul préoccupant de la sensibilisation des femmes aux maladies cardiovasculaires. Aux États-Unis, les maladies cardiaques demeurent la première cause de mortalité féminine et touchent plus de 60 millions de femmes. Selon l’American Heart Association, une femme sur trois en décède. Pourtant, la part de femmes sachant qu’il s’agit de la principale cause de mortalité est passée de 65 % en 2009 à 44 % en 2019, avec un recul particulièrement marqué chez les femmes noires non hispaniques, hispaniques et plus jeunes. Pour améliorer l’expérience, les chercheurs ont conçu HeartBot comme une conversation plutôt qu’un simple questionnaire médical. L’outil peut se souvenir d’échanges précédents et adapter ses réponses. L’équipe a aussi travaillé sur le vocabulaire, le rythme et la façon dont les femmes parlent de leur santé, afin de rendre les échanges plus accessibles. Certains termes médicaux, jugés trop flous, ont été remplacés par des expressions du quotidien. Dans une nouvelle phase d’étude, Yoshimi Fukuoka teste désormais l’efficacité de HeartBot II auprès de 201 patientes de UCSF Health. Il s’agit d’un essai randomisé contrôlé d’une durée de six mois. La moitié des participantes bénéficie immédiatement d’accès aux sessions éducatives, tandis que l’autre moitié constitue un groupe témoin. Les chercheurs évalueront si l’outil améliore réellement la rétention des informations et la capacité des femmes à identifier les signes avant-coureurs d’un arrêt cardiaque. Disponible pour les participants à l’étude sur les plateformes Apple et Android, HeartBot pourrait ensuite être ouvert au grand public une fois son efficacité et sa sécurité confirmées. À plus long terme, l’équipe envisage des tests avec plusieurs milliers de femmes et une diffusion plus large, par exemple via des QR codes placés dans des cliniques ou des lieux publics.

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