3 chefs d'IA contre virus
OpenAI, Google DeepMind et Anthropic réunissent leurs PDG pour alerter sur les risques biologiques liés à l'IA. Sam Altman, Demis Hassabis et Dario Amodei ont signé une lettre conjointe adressée au Congrès américain, réclamant l'adoption d'une loi fédérale obligeant les fournisseurs de synthèse d'ADN et d'ARN à vérifier systématiquement la sécurité des commandes de leurs clients. Ce texte rarement vu jusqu'ici rassemble également des dirigeants de Microsoft, Meta, des experts universitaires comme le Dr David Relman de l'Université Stanford, ainsi que des responsables d'entreprises spécialisées dans le génie génétique. Le principal moteur de cette initiative est la rapidité avec laquelle l'intelligence artificielle réduit les barrières techniques nécessaires à la conception d'armes biologiques. Alors que la synthèse d'ADN est automatisée depuis des décennies et vendue à des laboratoires légitimes, le manque de vérification rigoureuse chez certains fournisseurs crée une faille exploitable. L'IA peut désormais agréger des informations dispersées, suggérer des modifications de séquences génétiques pour contourner les logiciels de filtrage, et indiquer aux individus malveillants des fournisseurs non réglementés. Des études récentes, dont une publication de Microsoft, ont effectivement démontré que des algorithmes génératifs parviennent à créer des séquences dangereuses invisibles aux systèmes de contrôle actuels, qui se limitent généralement à comparer les commandes avec des bases de données connues. Face à ce défi, le paysage réglementaire américain est en mutation. L'administration Trump a récemment abrogé l'ordre exécutif de l'ère Biden, qui imposait des contrôles aux bénéficiaires de fonds fédéraux, et aucune directive de remplacement n'a encore été publiée. Les signataires placent leur espoir dans une législation congressionnelle pour imposer des standards de vérification uniformes à tous les opérateurs du secteur, indépendamment de leur statut de financement public. Cette démarche fait face à une opposition argumentant que la définition même d'une séquence dangereuse reste subjective et que des contrôles stricts alourdiraient les coûts de conformité, freinant potentiellement l'innovation des jeunes pousses biotechnologiques. Un ancien conseiller de l'administration Trump sur l'IA a répliqué que demander une vérification pour tout produit susceptible de générer un agent pathogène constitue un seuil minimum indispensable à la sécurité collective. Si les attaques biologiques demeurent statistiquement rares, leurs conséquences démographiques, économiques et psychologiques seraient dévastatrices. Une pandémie intentionnelle ou accidentelle générée par l'IA représente une menace tangible qui ne peut être ignorée. En signant ce texte, les dirigeants technologiques reconnaissent explicitement la responsabilité inhérente à leurs créations : sans cadres de sécurité robustes, les outils conçus pour accélérer la recherche médicale pourraient être détournés vers des fins destructrices, faisant de la biosécurité une priorité technologique et législative incontournable.
