AI coding : Factory et Cognition s'accusent publiquement
Deux startups californiennes spécialisées dans les agents de programmation par intelligence artificielle, Factory et Cognition, se sont publiquement disputées au sujet du départ de Chris Degnan, ancien observateur au conseil d’administration de Factory, qui rejoint désormais Cognition en qualité de responsable du chiffre d’affaires. Cette controverse éclaire l’intense rivalité qui oppose les acteurs du marché des outils IA autonomes pour les développeurs. Le PDG de Factory, Matan Grinberg, a annoncé le licenciement de Degnan après avoir découvert qu’il entretenait des échanges réguliers avec des dirigeants de Cognition tout en conseillant sa propre direction sur des sujets confidentiels. Grinberg a également allégué que des employés de Cognition avaient simulé des candidatures pour accéder à des informations internes. Ces accusations ont été fermement rejetées par Chris Degnan et le PDG de Cognition, Scott Wu. Degnan a confirmé sa démission et sa prise de poste chez Cognition, précisant qu’il avait informé Grinberg de son intention de départ. Wu a assuré que son équipe n’avait jamais sollicité, et ne solliciterait jamais, de données concurrentielles de manière clandestine. Aucune des deux parties n’a fourni de déclaration complémentaire. Cette affaire survient dans un contexte de forte valorisation du secteur. Récemment, Cognition a levé plus de deux milliards de dollars à une évaluation de 48 milliards de dollars, tandis que Factory a obtenu 200 millions de dollars à une valorisation de 5 milliards de dollars. La querelle a provoqué des réactions parmi les investisseurs de premier plan. Vinod Khosla, fondateur de Khosla Ventures et soutien historique de Cognition, a qualifié Factory de concurrent en difficulté. À l’inverse, Keith Rabois, dirigeant chez Khosla Ventures, a estimé que la participation de Degnan à des réunions de conseil tout en recrutant chez un concurrent était fondamentalement peu éthique. Ce type de conflit d’intérêts au sein des conseils d’administration n’est pas inédit dans la Silicon Valley. Il rappelle les départs publics d’Eric Schmidt du conseil d’administration d’Apple en 2009, puis de Reid Hoffman de celui d’OpenAI en 2023, tous deux motivés par des risques de concurrence directe. Alors que les entreprises technologiques s’affrontent pour dominer le développement logiciel automatisé, cette polémique souligne à quel point la confiance professionnelle et la conformité éthique restent des enjeux déterminants pour la croissance des startups dans l’ère de l’IA.
