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Genesis AI entraîne un robot pour cuisiner et jouer du piano

La manipulation fine, souvent considérée comme le défi le plus complexe en robotique, a fait un bond significatif grâce à Genesis AI. Cette startup française, disposant d'un centre de R&D en Sillicon Valley et soutenue par la firme de capital-risque Eclipse ainsi que l'ancien PDG de Google, Eric Schmidt, a présenté des démonstrations montrant une robotique approchant la performance humaine. L'équipe a ainsi réussi à faire jouer un piano, casser un œuf et manipuler des câbles de manière autonome, sans télécommande humaine, le tout à une vitesse réelle de 1x. Leur technologie a démontré des mains robotiques suivant une composition musicale à environ 130 battements par minute. Ces performances, bien qu'exceptionnelles, ne relèvent pas de l'exécution en « zéro-shot », ce qui signifie que les robots nécessitent un entraînement spécifique pour chaque tâche, comme apprendre une nouvelle pièce de musique. Selon Zhou Xian, PDG de Genesis AI, son équipe d'environ 60 personnes a enseigné un nouveau morceau au robot en seulement une heure. Pour les tâches culinaires comme casser un œuf, il a fallu fournir quelques centaines de trajectoires ou exemples enregistrés. Une compétence complexe de trente secondes requiert quelques heures de données humaines complétées par moins de trente minutes de données issues du robot lui-même. Cependant, les défis persistent. Lors des démos de cuisine, si la plupart des étapes ont atteint un taux de succès de 90 à 95 %, la tâche consistant à casser un œuf d'une seule main ou à transférer des tomates hachées avec un couteau n'a réussi qu'à 50 ou 60 %. Néanmoins, Zhou Xian estime qu'il s'agit là des tâches les plus complexes jamais réalisées par un robot d'une manière aussi humaine, avec une efficacité, une vitesse et une performance proche de celles des humains, atteignant 60 à 70 % de la vitesse humaine. Genesis AI vise la création d'un robot polyvalent capable de fonctionner dans divers environnements. Contrairement à d'autres entreprises axées uniquement sur les modèles, la startup développe une pile complète intégrant le modèle d'intelligence artificielle, la main robotique, les gants d'entraînement, le simulateur et le robot lui-même. Cette approche « full-stack » permet, selon le PDG, de concevoir le matériel avec une connaissance précise des besoins logiciels. La main robotique de Genesis possède 20 degrés de liberté et 20 moteurs intégrés directement dans la main, une conception distincte des systèmes à tendon où les moteurs sont placés dans l'avant-bras. Pour l'entraînement, l'entreprise combine des données provenant d'Internet avec des informations brutes collectées via des gants propriétaires capables de capturer les mouvements et les signaux tactiles comme la force. Genesis travaille également avec des partenaires industriels pour utiliser ces gants sur les lieux de travail et emploie un simulateur interne pour tester les modèles dans de nombreux environnements virtuels, accélérant ainsi l'évaluation par rapport aux tests physiques uniquement. Zhou Xian précise qu'il ne prétend pas avoir résolu le problème de la manipulation, mais considère que l'approche de Genesis constitue une étape cruciale pour faire avancer le domaine. L'entreprise ambitionne de rendre le robot de demain indifférencié qu'il soit destiné à une usine ou à un foyer.

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