Étude majeure révèle l'impact dominante des saisons sur la taille des lacs à l'échelle mondiale
Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature, les fluctuations saisonnières du climat constituent l'influence prédominante à l'échelle mondiale sur les changements de taille des surfaces lacustres. Cette recherche, menée par des spécialistes de l'Université de Bangor au Royaume-Uni et de l'Université Tsinghua à Beijing en Chine, a réussi à cartographier mensuellement 1,4 million de lacs entre 2001 et 2023. En combinant des images satellites, des technologies d'apprentissage profond et des capacités de calcul haute performance, les chercheurs ont pu suivre précisément comment les lacs se rétrécissent et s'élargissent au fil des saisons. Les précédentes études se concentraient principalement sur les changements à long terme, et leur portée était limitée par les contraintes des données satellites. Les résultats actuels révèlent que 66% de la superficie totale des lacs mondiaux et 60% de leur nombre sont influencés de manière dominante par les saisons. Plus de 90% de la population mondiale vit dans des régions caractérisées par ces lacs. Pendant les événements extrêmes dus aux saisons, l'impact sur les lacs peut dépasser la magnitude cumulée des changements sur 23 ans et des variations saisonnières habituelles. Par exemple, 42% des lacs qui se rétrécissent ont connu une contraction doublée, tandis que 45% des lacs qui s'élargissent ont vu leurs gains annulés par ces phénomènes. Le Professeur Di Long de l'Université Tsinghua explique : « Les lacs sont essentiels pour les écosystèmes, les émissions de gaz à effet de serre et les ressources en eau. Malgré leur importance, leurs dynamiques de superficie, notamment celles liées aux saisons, étaient mal comprises à l'échelle continentale et mondiale en raison des limitations des observations satellites. Notre étude montre que la saisonnalité est le facteur principal des variations de superficie des lacs à l'échelle globale. Ces résultats dévoilent des dynamiques saisonnières jusqu'alors cachées, cruciales pour comprendre les réponses des systèmes hydriques aux changements environnementaux, protéger les lacs et améliorer les modèles climatiques mondiaux. » Dr. Iestyn Woolway, chercheur indépendant du Conseil de recherche environnemental (NERC) basé à l'École des sciences océaniques de l'Université de Bangor, ajoute : « Bien que certains lacs affichent des tendances à long terme plus marquées que les saisons, notre analyse montre que les effets extrêmes induits par la saisonnalité peuvent surpasser l'impact cumulé des tendances à long terme et des fluctuations saisonnières habituelles. Ces extrêmes ont des implications significatives et profondes pour les émissions de gaz à effet de serre, la santé des écosystèmes et le bien-être humain. Une contraction soudaine et drastique de la surface des lacs peut exposer les sédiments au fond, entraînant potentiellement des libérations importantes de méthane. Ces changements affectent également le climat local et mettent à rude épreuve la résistance des écosystèmes aquatiques. Ils peuvent déstabiliser les chaînes alimentaires des lacs, modifier la distribution des producteurs primaires dominants et provoquer des changements d'écosystème cruciaux, voire irréversibles, impactant ainsi le bien-être humain. Notre recherche souligne la nécessité d'une surveillance et d'une compréhension exhaustives de la saisonnalité. Cela est essentiel pour renforcer la protection des écosystèmes lacustres, améliorer la gestion des ressources en eau douce et affiner les estimations mondiales du budget des gaz à effet de serre. » Cette étude ouvre de nouvelles perspectives dans la compréhension des systèmes lacustres et offre des outils précieux pour une meilleure gestion environnementale et une adaptation aux changements climatiques à l'échelle mondiale.
