Alphabet enflamme de 160% grâce à sa dominance en IA
Alphabet a brièvement surpassé Nvidia en capitalisation boursière lors des échanges hors marché cette semaine, marquant un rebond spectaculaire pour l'entreprise dont les perspectives étaient jugées incertaines au début de la révolution de l'intelligence artificielle. En un an, les actions d'Alphabet ont augmenté de 160 %, tirées par la conviction croissante sur Wall Street que Google possède un avantage majeur en contrôlant l'ensemble de la chaîne de valeur de l'IA. Selon Gene Munster de Deepwater Asset Management, Google est l'une des deux entreprises les mieux placées, aux côtés de SpaceX, car elle maîtrise à la fois les puces, les modèles, l'infrastructure et la distribution, tout en étant très rentable. Ce succès suit un trimestre financier exceptionnel où le backlog de Google Cloud a presque doublé pour atteindre 462 milliards de dollars. Les analystes de JPMorgan ont classé l'action comme leur premier choix du secteur technologique, tandis que Mizuho a relevé ses objectifs de cours, estimant que le marché sous-estime les revenus futurs du cloud de Google. La capitalisation boursière d'Alphabet atteint 4,8 billions de dollars, juste derrière celle de Nvidia. Cette position s'est consolidée après l'annonce qu'Anthropic s'engageait à dépenser 200 milliards de dollars sur cinq ans chez Google Cloud pour un power de calcul de 5 gigawatts. L'avantage concurrentiel de Google réside dans sa stratégie de "propriétaire de la pile", qui inclut les modèles Gemini et DeepMind, ainsi que ses unités de traitement tensorielles (TPU) conçues pour remplacer les puces Nvidia. Mizuho estime que près de 61 milliards de dollars du backlog de Google Cloud d'ici 2027 proviendront de la vente de ces puces, offrant aux investisseurs une alternative aux géants du matériel. Cependant, certains analystes, comme Luria, soulignent un risque de concentration : une grande partie du backlog mondial de cloud provient de contrats avec OpenAI et Anthropic, ce qui expose les fournisseurs à la dépendance envers ces entreprises. Munster nuance cette inquiétude, affirmant que si un client comme Anthropic échouait, d'autres prendraient sa place en raison de la demande exponentielle pour le calcul en IA. Néanmoins, le plus grand risque pour Alphabet est que le cours de l'action intègre déjà des gains futurs trop élevés, un scénario similaire à celui actuellement observé pour Nvidia. Bien que les revenus attendus de Nvidia restent forts, leurs actions se sont modestement appréciées, le marché récompensant moins la croissance brute. Google doit maintenant impressionner les investisseurs lors de la conférence Google I/O qui s'ouvre dans moins de deux semaines. L'entreprise projette des dépenses d'investissement en capital (capex) de 190 milliards de dollars cette année, plus du double de celles de 2025. Pour justifier cet effort financier massif, Google devra clarifier sa stratégie concernant les agents IA avec Gemini et démontrer sa capacité à générer des revenus durables dans l'écosystème plus large. Les analystes de Argus notent que, bien que les risques liés à ces dépenses soient réels, la capacité de Google à les financer constitue un avantage concurrentiel face à des concurrents comme OpenAI. Le passage de Google d'un suiveur à un leader de l'infrastructure repose désormais sur sa capacité à transformer ces investissements colossaux en profits tangibles.
