Scott Bessent minimise la dette des neocloud
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a minimisé les inquiétudes autour de la dette liée aux entreprises du secteur des « neoclouds », ces sociétés qui fournissent des services de cloud computing dédiés à l’intelligence artificielle. Dans une interview accordée à CNBC, il a été interrogé sur la hausse des rendements de certaines obligations liées à l’IA, qui sont montés en territoire à deux chiffres. Sa réponse a été claire : il ne voit pas, pour l’instant, de problème majeur, car ces acteurs ne représentent qu’une part limitée de l’ensemble de l’écosystème de l’IA. Il a ajouté que le financement et les opérations continuaient, citant notamment le choix de Meta de recourir à des financements en actions. Le débat sur les neoclouds s’est intensifié ces dernières semaines. Ce secteur, qui comprend des noms comme CoreWeave, Nebius ou IREN, a conclu des contrats très importants avec les grands fournisseurs d’infrastructure numérique. Nebius a notamment signé un accord de plus de 17 milliards de dollars avec Microsoft, puis, en mars, un contrat quinquennal avec Meta pouvant atteindre 27 milliards de dollars. Mais la croissance rapide de ces groupes s’appuie en partie sur un endettement élevé, ce qui inquiète désormais certains investisseurs, surtout à mesure que les conditions de crédit deviennent plus coûteuses et que les doutes persistent sur la rentabilité future de certaines dépenses d’IA. Les marchés ont réagi avec nervosité. L’action CoreWeave a chuté de près de 40 % en octobre, avant un léger rebond depuis son point bas du 23 octobre. Sur un mois, l’ETF dédié aux neoclouds, qui regroupe plusieurs de ces acteurs, a reculé de 24 %. Cette volatilité a été alimentée par des remarques d’Elon Musk, selon qui beaucoup de neoclouds pourraient subir une consolidation brutale, le marché de la dette hésitant à financer des sociétés dont les revenus dépendent presque uniquement des centres de données dédiés à l’IA. En face, des figures de l’industrie restent optimistes. Jensen Huang, directeur général de Nvidia, dont l’entreprise soutient plusieurs neoclouds, a déclaré récemment que la demande pour leurs services était « très forte » et que leurs capacités étaient « extraordinaires ». Le débat met donc en lumière la tension actuelle autour de l’IA : entre enthousiasme technologique, contrats géants et questions plus classiques de solvabilité, de financement et de viabilité économique.
