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La folie de San Francisco : les jeunes techs se réinventent en ligne pour briller dans la Silicon Valley

De nombreux jeunes entrepreneurs technologiques, notamment issus de l’Université de Waterloo au Canada, adoptent désormais une stratégie numérique pour renforcer leur crédibilité dans le monde de la tech : ils affichent San Francisco comme leur localisation sur les réseaux sociaux, même lorsqu’ils ne vivent pas réellement dans la ville. Cette pratique, baptisée « SF fever », reflète une aspiration croissante à être perçu comme faisant partie de l’épicentre de l’innovation, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle. Lance Yan, étudiant de 18 ans à Waterloo et fondateur de Clice, une startup d’IA, a récemment changé sa localisation sur X (anciennement Twitter) pour « Waterloo | SF ». Il explique que cette modification est stratégique : « Si tu essaies de lever des fonds, et qu’un investisseur voit que tu es basé à SF, il pourrait penser : “Au lieu de m’appeler, viens me voir en personne.” » Pour Yan, cette simple mention sur son profil donne une légitimité immédiate auprès des investisseurs du Bay Area. Il a même profité d’un séjour de quelques semaines dans la région pour visiter des incubateurs et séjourner dans une hacker house, ce qui justifie son changement de bio. Cette tendance n’est pas isolée. Cathleen Turner, fondatrice de Margin, a récemment passé plus d’un mois dans la région et a ajouté San Francisco à son profil X, bien qu’elle vive à Los Angeles. Elle souligne que « beaucoup d’investisseurs de SF ne prennent pas sérieusement quelqu’un qui n’a pas encore bougé ». Cette pression symbolique est renforcée par la renaissance économique de San Francisco, alimentée par l’essor des entreprises d’IA et une reprise du marché immobilier. Jensen Huang, PDG d’Nvidia, a même déclaré en été que la ville était « de retour ». Toki Hossain, développeur basé à Vancouver, a remarqué que de nombreux internautes changent définitivement leur localisation après un seul séjour à San Francisco. Il a organisé une soirée dédiée à la diaspora canadienne dans la ville, tout en gardant sa localisation à Vancouver, mais en publiant une photo des tramways de SF pour renforcer son lien symbolique. À San Francisco, Seth Setse, cofondateur d’a0.dev, observe une nouvelle génération de jeunes utilisateurs de X qui s’approprient la ville comme leur identité, même temporairement. Les stagiaires, après un été passé dans la région, gardent souvent SF comme localisation sur leurs réseaux, non pas pour être honnêtes, mais pour gagner en visibilité dans « tech Twitter » et attirer des interactions. Cette fascination pour San Francisco s’inscrit dans un contexte plus large : après avoir été délaissée pendant la pandémie par de nombreux acteurs du secteur tech (qui préféraient Austin ou Miami), la ville connaît aujourd’hui un retour en grâce. Pour Antonio Song, fondateur de Snoofer, cette fascination génère un véritable FOMO (peur de manquer), même s’il n’avait jamais envisagé de déménager. À l’échelle mondiale, cette dynamique dépasse les frontières. Caleb Jephuneh, fondateur de Therabot à Nairobi, a inscrit « 2025 : moving to Silicon Valley » sur son profil. Pour lui, c’est une forme de manifestation : « En l’écrivant, quelqu’un d’autre peut m’aider à y arriver. » Cette tendance illustre une réalité croissante : dans le monde tech, l’image vaut souvent autant que la réalité. San Francisco n’est plus seulement une ville, mais un symbole de réussite, de potentiel et d’appartenance à une élite numérique.

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