Index santé numérique : l'IA cible les communautés à risque
Une nouvelle étude publiée dans JAMA Network Open présente l'Index de santé numérique (DHI), un outil alimenté par l'intelligence artificielle permettant d'évaluer la préparation des communautés américaines à l'adoption des services de santé numériques. Analysant plus de 85 000 quartiers administratifs sur l'ensemble des États-Unis, l'indice combine des données sur les conditions socio-économiques, l'accès aux soins et la connectivité numérique pour mesurer la vulnérabilité numérique à l'échelle locale. Les résultats révèlent une faille majeure dans les outils d'aide à la décision actuels. Plus de la moitié des zones présentant les plus fortes vulnérabilités numériques sont invisibles selon les indicateurs de pauvreté ou d'accès à internet déjà utilisés par les décideurs publics. Selon le chercheur principal Saif Khairat, cette lacune génère des conséquences concrètes pour l'allocation des ressources. Les systèmes de santé qui se fieraient uniquement aux critères traditionnels passeraient à côté de la majorité des populations nécessitant un soutien prioritaire. Contrairement aux approches précédentes, l'indice DHI offre une vision plus précise des besoins locaux. Il peut être déployé comme instrument de planification et d'évaluation pour les organisations soignantes et les autorités publiques. Parmi ses applications, on compte l'identification des zones devant bénéficier d'initiatives en littératie numérique, de programmes de prêt d'équipements ou de déploiements d'infrastructures à haut débit. Alors que plus de cent millions d'Américains résident dans des zones sous-dotées en services médicaux, la télémédecine, la surveillance à distance et l'intelligence artificielle médicale gagnent du terrain. Leur déploiement équitable nécessite néanmoins de dépasser la simple question de la couverture internet. En fournissant une mesure validée et détaillée, le DHI vise à combler cet écart et à garantir que les innovations numériques en santé ne creusent pas les inégalités territoriales, mais contribuent à réduire les fractures d'accès aux soins.
