Sam Altman, au cœur de la révolution IA : héros ou risque pour la sécurité ?
Sam Altman, cofondateur et PDG d’OpenAI, fait l’objet d’un intérêt croissant dans le monde technologique après une série d’annonces spectaculaires en quelques semaines. En parallèle de partenariats stratégiques avec AMD et Nvidia, dont les contrats devraient atteindre près de 1 trillion de dollars cette année, OpenAI a lancé Sora, une application d’intelligence artificielle générant des vidéos, qui a séduit plus d’un million d’utilisateurs en cinq jours. Par ailleurs, la société a introduit Instant Checkout, une fonctionnalité de paiement intégrée à ChatGPT, et dévoilé de nouveaux outils collaboratifs alimentés par l’IA, déjà utilisés internement, indiquant une expansion vers le marché des logiciels d’entreprise. Ces avancées, combinées à une croissance fulgurante de ChatGPT — désormais utilisé par près de 800 millions d’utilisateurs actifs par semaine —, ont fait de Altman une figure centrale de la révolution de l’IA. Des dirigeants comme Aaron Levie, PDG de Box, saluent son ambition, le comparant aux grandes époques de l’internet et de la mobilité. « C’est probablement le plus grand changement technologique de notre vie », affirme-t-il, soulignant que les plateformes majeures ne surgissent qu’une fois tous les dix ou vingt ans. Pour Joel Milne, fondateur d’AutoUnify, l’ampleur du rythme de Altman est sans précédent, même dans le monde des startups. Bipul Sinha, PDG de Rubrik, explique que l’IA évolue à une trajectoire exponentielle, rendant indispensable une course effrénée pour capter l’opportunité. OpenAI devrait dépasser 13 milliards de dollars de revenus d’ici la fin de l’année, malgré des coûts colossaux — 155 milliards de dollars prévus jusqu’en 2029 — liés à la consommation énergétique des centres de calcul. Selon Ross Finman, fondateur d’Augmodo, la stratégie de lancement simultané de plusieurs produits crée un effet de réseau, touchant plusieurs secteurs à la fois. Art Zeile, PDG de DHI Group, félicite Altman pour sa diversification des fournisseurs de puissance de calcul, une tactique classique en gestion des risques. Cependant, l’approche rapide d’Altman suscite aussi des inquiétudes. Kate Doerksen, fondatrice de Sage Haven, un chatbot sécurisé pour enfants, critique l’absence de mesures de sécurité suffisantes, rappelant une poursuite judiciaire en Californie où OpenAI est accusé d’avoir aidé un jeune homme à planifier son suicide via ChatGPT. La société a répondu en renforçant ses outils de contrôle parental et en affirmant un engagement constant en matière de sécurité. Jill Popelka, PDG de Darktrace, décrit Altman comme un leader en situation paradoxale : ralentir pourrait permettre à la concurrence de le dépasser, mais avancer trop vite expose à des erreurs critiques. « Être le héros ou le vilain de cette technologie, c’est une charge immense », conclut-elle. Pour beaucoup, Altman incarne à la fois l’innovation sans précédent et les défis éthiques inhérents à l’ère de l’IA.
