Les robots humanoïdes sont-ils enfin prêts à entrer dans nos vies ?
Les robots humanoïdes sont-ils enfin sur le point d’arriver ? Cette question hante le monde de la technologie, alimentée par des démonstrations spectaculaires, des promesses grandioses et des échecs aussi comiques qu’émouvants. Récemment, une vidéo de l’événement Autonomy Visualized de Tesla à Miami a fait le tour des réseaux : le robot Optimus, présenté comme autonome, a trébuché en tentant de distribuer des bouteilles d’eau, s’effondrant avec une grâce maladroite, soulignant une fois de plus l’écart entre l’image publicitaire et la réalité. Ce n’est pas la première fois que Tesla est accusé de tricher : des démonstrations antérieures ont révélé des humains contrôlant les robots à distance, souvent via des casques VR, ce qui soulève des doutes sur la véritable autonomie du projet. L’obsession humaine pour les robots remonte à l’Antiquité, mais aujourd’hui, c’est Elon Musk qui a relancé la flamme, promettant une « armée de robots » d’un million d’unités. Pourtant, son historique de prévisions exagérées suscite une méfiance légitime. La course aux humanoïdes est désormais un phénomène mondial. Des géants comme Nvidia, Meta, Google, Amazon, Microsoft, Intel et Tesla s’investissent massivement, tandis que des startups comme Figure AI, Apptronik, Boston Dynamics et 1X tentent de s’imposer. En Chine, l’État a fait de l’intelligence artificielle incarnée – y compris les robots non humanoïdes – une priorité stratégique, avec des subventions, des directives gouvernementales et un investissement massif. Des entreprises comme Baidu, Ant Group, Unitree et AgiBot s’engagent dans ce domaine, tandis que des événements comme les World Humanoid Robot Games en Chine ou l’International Humanoid Olympiad en Grèce montrent l’engouement croissant pour les combats et démonstrations robotiques. Ces démonstrations, pourtant impressionnantes, restent souvent scénarisées ou télécommandées. Figure AI montre son robot Figure 03 faisant la vaisselle, mais avec une lenteur extrême. 1X présente Neo, présenté comme le premier robot humanoïde prêt pour le grand public, vendu 20 000 dollars, mais dont le fonctionnement dépend de contrôle à distance par des opérateurs humains. Les prix baissent, notamment en Chine, où des modèles comme Bumi coûtent dès 1 400 dollars, tandis que des versions industrielles dépassent même le prix d’une maison. Cette baisse des coûts permet une plus grande diffusion, créant un cercle vertueux : plus de robots dans les foyers = plus de données = meilleure intelligence artificielle. Le vrai changement vient des progrès en IA. Les grands modèles linguistiques (LLM), comme ceux d’OpenAI ou Google, fonctionnent grâce à une capacité généralisée à comprendre et à générer du contenu. Les chercheurs essaient de leur appliquer la même logique aux robots : leur donner une compréhension flexible du monde physique. Mais le problème reste la donnée : peu de vidéos réalistes de robots agissant dans des environnements réels existent à grande échelle. Tesla, par exemple, fait filmer ses employés en action pour entraîner Optimus. 1X, en déployant des robots non autonomes chez des particuliers, collecte des données en temps réel pour améliorer l’autonomie. Pourtant, le risque de bulle est réel. En novembre, l’agence chinoise de planification économique a mis en garde contre une surchauffe, soulignant que les investissements dépassent largement les cas d’usage réels. Pourquoi acheter un robot qui ne fait rien de plus qu’un humain en télécommande, à un prix prohibitif ? Jusqu’à ce que les entreprises cessent de cacher leurs méthodes derrière des vidéos soignées, il sera difficile de distinguer la réalité de la hype. Peut-être que les robots humanoïdes sont enfin sur le point d’arriver. Ou peut-être que je devrais juste continuer à rire en regardant les échecs. Le temps le dira – mais je garderai les popcorn à portée de main.
