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Howard Marks met ses avertissements sur l’IA : « Les investisseurs jouent à la loterie avec des startups sans revenus »

Howard Marks met en garde contre l’excitation excessive entourant l’intelligence artificielle, qu’il juge à l’origine de paris risqués et spéculatifs. L’investisseur légendaire, cofondateur d’Oaktree Capital Management, a exprimé ses inquiétudes lors d’une interview sur le podcast We Study Billionaires. Selon lui, de nombreux investisseurs s’engouffrent dans des startups à fort potentiel mais sans revenus ni bénéfices, attirés par la possibilité d’un gain colossal, au détriment de la réalité économique. « Souhaitez-vous investir dans une startup innovante, purement spéculative, sans revenus ni profits aujourd’hui, qui pourrait devenir un « moonshot » si elle réussit ? Ou préférez-vous miser sur une entreprise technologique solide, déjà rentable, dont l’IA ne serait qu’un avantage incrementiel ? C’est un choix », a-t-il souligné. Pour lui, cette tendance reflète une mentalité de loterie : « On dit : Elle a peu de chances de réussir, mais le gain pourrait être énorme, donc je dois l’acheter. C’est ce que j’appelle une mentalité de billet de loterie. » Marks a identifié un schéma familier de bulle spéculative. Depuis plusieurs mois, il répète que la plupart des entreprises actuellement valorisées pour leur potentiel en IA finiront par être sans valeur. Dans une discussion de 2023 avec l'historien financier Edward Chancellor, il avait affirmé sans détour : « L’IA va transformer le monde, mais la majorité des sociétés que l’on investit aujourd’hui pour leur potentiel IA se révéleront sans intérêt. » Sur le podcast, il a comparé la situation actuelle à celle de la bulle internet des années 1990 : une technologie révolutionnaire, des attentes démesurées, et la croyance erronée que les premiers arrivés s’imposeront inévitablement. « La plupart des bulles naissent autour de quelque chose de nouveau », a-t-il rappelé, évoquant des épisodes historiques comme la bulle de la South Sea en 1720, la crise des tulipes aux Pays-Bas en 1636, ou encore la crise des prêts subprimes en 2006. Ces périodes, selon lui, sont marquées par une imagination débridée, capable de s’emballer sans limite. Dans la réalité, la majorité des jeunes entreprises ne parviennent pas à passer du rêve à la rentabilité. Marks insiste donc sur une distinction fondamentale : « Avec l’IA, on peut faire des paris binaires sur des entreprises sans autre fondement, qui sont des paris tout ou rien. Ou bien on peut investir dans des géants technologiques déjà établis, qui bénéficieront modérément de l’IA si elle réussit. » Il préfère nettement les entreprises technologiques matures, comme les géants du secteur, capables d’intégrer l’IA comme un levier d’amélioration, plutôt que comme une condition de survie. Ces entreprises, selon lui, sont mieux placées pour tirer parti de l’innovation, même si son impact se révèle plus lent ou inégal que prévu. Mais Marks rappelle une vérité cruciale : « Transformer le monde et faire des bénéfices pour les investisseurs, ce n’est pas la même chose. » Il reprend ici un avertissement de Warren Buffett, prononcé lors de l’assemblée générale de Berkshire Hathaway en 2000, lorsqu’il dénonçait la déconnexion entre les valorisations des actions internet et leur rentabilité réelle. « Je pense que c’est exactement le même phénomène avec l’IA », conclut-il.

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