OpenAI investit 10 milliards dans ses propres puces IA, avec un partenariat clé avec Broadcom
OpenAI envisage de réduire sa dépendance croissante envers Nvidia pour ses besoins en traitement de l’intelligence artificielle (IA). Selon le Financial Times, l’entreprise a conclu un accord avec Broadcom, géant américain des semi-conducteurs, pour concevoir ses propres puces, destinées à être produites à grande échelle à partir de 2025. Ces puces, nommées « Titan », seront utilisées exclusivement en interne par OpenAI pour entraîner et exécuter ses modèles comme ChatGPT, dans le cadre de son ambitieux projet Stargate, visant à construire une infrastructure informatique massive pour l’IA générale. Ce partenariat, qui devrait rapporter environ 10 milliards de dollars à Broadcom, n’est pas une surprise : les hyperscalers comme Google, Amazon et Microsoft ont déjà lancé des initiatives similaires pour concevoir leurs propres puces. OpenAI, qui a levé 40 milliards de dollars en série F en mars et atteint une valorisation de 500 milliards de dollars après une émission secondaire d’actions, dispose des ressources financières nécessaires pour investir dans une infrastructure autonome. Le coût élevé du cloud public, combiné à la pression sur les marges (OpenAI a enregistré une perte de 5 milliards de dollars en 2024), pousse l’entreprise à maîtriser davantage son écosystème matériel. Broadcom a confirmé une croissance impressionnante de ses revenus liés à l’IA, qui ont augmenté de 63,4 % au troisième trimestre, atteignant 5,18 milliards de dollars. Ce chiffre inclut à la fois les puces d’accélération (AI compute) et les ASICs de réseau (AI networking), avec des ventes de 3,37 milliards pour les premières et 1,81 milliards pour les secondes. Hock Tan, PDG de Broadcom, a précisé que les 10 milliards de dollars d’ordres annoncés ne concernent pas uniquement les puces, mais des systèmes complets basés sur les XPUs de Broadcom, dont les livraisons devraient commencer en 2026. Cela signifie que le gain brut de Broadcom pour les puces « Titan » sera inférieur à 10 milliards. L’objectif d’OpenAI est clair : contrôler son infrastructure, optimiser ses coûts, et éviter les risques liés à la chaîne d’approvisionnement, notamment après les restrictions commerciales imposées par l’administration Trump aux ventes de puces Nvidia en Chine. Bien que ces restrictions soient susceptibles d’être assouplies, la stratégie d’auto-production de matériel reste stratégique. Broadcom, qui a vu ses revenus trimestriels atteindre 15,95 milliards de dollars (+22 %), continue de se diversifier entre ses divisions semi-conducteurs et logiciels (Infrastructure Software), avec une croissance soutenue dans les deux secteurs. L’entreprise prévoit des revenus d’IA de 6,2 milliards de dollars au quatrième trimestre, et une croissance significative en 2026, grâce à d’autres clients potentiels en cours de développement. En somme, OpenAI s’engage dans une course vers l’autonomie technologique, tandis que Broadcom en tire un bénéfice majeur, non pas seulement via les puces, mais via des systèmes complets. Ce partenariat illustre une tendance majeure : les géants de l’IA ne veulent plus dépendre exclusivement de Nvidia, et investissent massivement dans des solutions sur mesure pour rester compétitifs dans la course à l’intelligence artificielle.
