Orchestra indexe les rues de San Francisco via l'IA
La startup Orchestra déploie actuellement un réseau de plus de cent caméras orientées vers la voie publique dans plusieurs quartiers de San Francisco, avec l'ambition d'installer neuf cents capteurs supplémentaires sur les principaux axes commerciaux d'ici six mois. Fondée il y a dix mois par Drake Burciaga, Stephania Stavropoulos, Bruno Beccaria et Michael Coen, l'entreprise se présente comme un moteur de recherche dédié au monde physique. Son modèle technique repose sur la captation vidéo haute définition en continu, transformée par une intelligence artificielle en données structurées. Le système, baptisé Omniscience, identifie les véhicules, les objets et les incidents sans recourir à la reconnaissance faciale. Les personnes y sont anonymisées et repérées principalement par leurs vêtements et accessoires. Orchestra ne commercialise aucun flux vidéo brut. Ses clients, qui incluent des services de police, des assureurs, des constructeurs de véhicules autonomes et des promoteurs immobiliers, achètent exclusivement des données analysées ou des rapports d'affluence. Pour répondre aux besoins de la sécurité publique, la startup a développé un agent IA nommé Robocop. Celui-ci surveille en temps réel les appels d'urgence publiés par la municipalité et, lors de la survenue d'un incident majeur à proximité d'une caméra, génère automatiquement un dossier de preuve numéroté Veritas. Bien que la société ne soit pas encore en contrat avec le département de police de San Francisco, elle entame les démarches pour intégrer ce marché. Le déploiement d'Orchestra intervient dans un contexte marqué par une défiance accrue à l'égard des caméras de surveillance alimentées par l'intelligence artificielle. Plusieurs juridictions américaines ont récemment résilié des partenariats avec Flock Safety pour des raisons liées à la vie privée et à la sécurité des données. En réponse à ces craintes, Orchestra a mis en place des garde-fous stricts : aucun appareil n'est installé en zone résidentielle, l'accès aux images brutes est fortement restreint et jamais vendu, et l'entreprise collabore avec des experts en cybersécurité pour auditer ses systèmes. Les fondateurs envisagent d'ailleurs d'inscrire l'historique des accès sur une blockchain pour en garantir l'intégrité. Selon leurs dires, l'accueil des commerçants locaux reste positif, ces derniers sollicitant eux-mêmes les installations. En pleine levée de fonds pour son premier tour de table, Orchestra vise une expansion nationale puis mondiale. Les cofondateurs définissent leur projet comme une intelligence artificielle générale à vocation urbaine, capable de restituer un état des lieux complet du trafic et des activités en temps réel. Malgré les controverses sociétales entourant la collecte massive de données visuelles, la direction réaffirme son engagement envers la confidentialité et une conformité rigoureuse, tout en soulignant son ancrage sur le marché américain. Le défi d'Orchestra consistera à démontrer que la modélisation algorithmique des rues peut coexister avec les standards éthiques et réglementaires contemporains, tout en répondant aux attentes croissantes des acteurs publics et privés.
