Apptronik lève 520 millions pour accélérer la commercialisation de ses robots humanoïdes et devancer la concurrence chinoise et Tesla
Apptronik a levé 520 millions de dollars à une valorisation de 5 milliards de dollars dans le cadre d’un tour de financement qui vise à commercialiser ses robots humanoïdes Apollo, en vue de devancer les concurrents chinois et le projet Tesla Optimus. Ce nouveau financement, annoncé mercredi, porte le montant total de la série A à 935 millions de dollars. Le fonds B Capital, dirigé par Howard Morgan, a co-dirigé l’opération avec Google. Basée à Austin, au Texas — même région que Tesla —, Apptronik entend utiliser ces fonds pour perfectionner ses robots et démarrer leur production à grande échelle. Des versions préliminaires d’Apollo sont déjà utilisées dans des zones définies de centres industriels et logistiques partenaires, notamment chez Mercedes-Benz, GXO Logistics et Jabil. Ces zones sont sécurisées par des capteurs externes et des barrières lumineuses : si un humain franchit une limite, le robot s’arrête automatiquement. Selon le PDG Jeff Cardenas, les prochaines versions d’Apollo seront conçues pour une sécurité collaborative, capable de ralentir, s’arrêter ou s’adapter à la présence humaine, comme le ferait un travailleur. Cette capacité est essentielle pour intégrer les robots dans des environnements partagés. Apptronik fait face à une concurrence croissante, incluant des entreprises chinoises comme Unitree, mais aussi Figure, Agility Robotics et 1X. Tesla, quant à elle, affiche des ambitions ambitieuses avec Optimus, dont le développement nécessite un investissement de 20 milliards de dollars en 2026 pour la production de véhicules autonomes et de robots. Toutefois, Elon Musk a récemment précisé que les Optimus se trouvent encore dans une phase précoce de recherche et développement. Cardenas souligne que l’atout des humanoïdes réside dans leur polyvalence : un seul robot peut accomplir des milliers de tâches, contrairement à des machines spécialisées. Grâce à des tests pilotes, Apptronik collecte des données pour améliorer ses systèmes. Le financement intervient après un partenariat stratégique avec Google DeepMind, qui permet d’intégrer les modèles d’intelligence artificielle Gemini Robotics au cœur des capacités d’Apollo. L’entreprise, fondée en 2016 au laboratoire Human Centered Robotics de l’Université du Texas, figure au 33e rang du classement CNBC Disruptor 50 2025. Elle emploie désormais 300 personnes et prévoit d’étendre son activité à Austin et d’ouvrir un bureau en Californie d’ici la fin de l’année. Elle s’apprête à préparer ses installations pour une production de masse. Contrairement à Elon Musk, qui fait souvent des annonces spectaculaires, Cardenas reste prudent sur les délais et les fonctionnalités des futurs modèles. Il ne précise pas quand les robots seront largement disponibles ni leurs capacités exactes à leur lancement. Des détails seront dévoilés plus tard cette année. Howard Morgan, toutefois, affiche une confiance optimiste : il anticipe des commandes pour 1 milliard de dollars à partir de 2027, avec une livraison à hautes performances à un prix annuel d’environ 80 000 dollars, comparable à celui d’une voiture de luxe. Il estime que ce prix est très compétitif comparé au coût d’un travailleur humain sur plusieurs postes ou week-ends. Morgan prévoit également embaucher au moins 200 nouveaux employés d’ici un an, soulignant que le financement actuel est crucial pour renforcer la crédibilité de l’entreprise dans un secteur en pleine effervescence.
