L’ère de l’IA frappe les ingénieurs logiciels : la disruption est en marche, et elle ne s’arrêtera pas là
Les ingénieurs logiciels sont confrontés à une réalité que le reste de la population connaît depuis longtemps : leur travail est en train d’être bouleversé par la technologie. L’intelligence artificielle, capable d’automatiser la rédaction de code, fait à la fois gagner du temps aux développeurs et les surcharger. Un technologue a même déclaré que son travail était plus difficile que jamais, évoquant un « épuisement par l’IA » qui est bel et bien réel. La bonne nouvelle ? Ce phénomène ne durera pas éternellement. La mauvaise ? Parce que la plupart des ingénieurs logiciels risquent de perdre leur emploi. Steve Yegge, un vétéran du secteur, prévoit que l’IA poussera les grandes entreprises technologiques à réduire de moitié leurs effectifs d’ingénieurs. (Il n’était pas tout à fait sans espoir : il a donné des conseils aux développeurs pour éviter ce qu’il appelle l’« effet vampirique » de l’IA, c’est-à-dire la manière dont elle peut les absorber sans fin.) « OK, mais moi je ne travaille pas dans la tech. Pourquoi je m’en préoccupe ? » demande-t-on peut-être avec une pointe de cynisme. (Froid, mais compréhensible.) Pourtant, selon ceux qui vivent au cœur du changement, l’impact de l’IA ne s’arrêtera pas là. Matt Shumer, PDG d’une start-up spécialisée dans les assistants IA, a averti que la disruption causée par l’IA serait « bien plus importante » que celle provoquée par la pandémie de COVID. Son message a accumulé plus de 69 millions de vues sur X (anciennement Twitter), dépassant largement les cercles traditionnels de la tech. Il a même reconnu, avec humour, avoir utilisé l’IA pour rédiger son propre post. Il est vrai que Shumer a un intérêt direct à faire passer le message : son entreprise développe des assistants intelligents. Mais cela ne rend pas ses observations moins pertinentes. Beaucoup de ses points sur l’urgence de s’adapter à un environnement en mutation rapide tiennent la route. Il existe toutefois une contre-argument : peut-être que les postes d’ingénieurs logiciels sont particulièrement vulnérables à l’automatisation ? Le métier est fortement numérique, repose sur des compétences techniques précises — deux caractéristiques qui le rendent idéal pour l’IA. En outre, pendant des années, les développeurs ont été relativement protégés des bouleversements technologiques auxquels le reste du monde a dû faire face : nouveaux outils, applications, plateformes. On s’habitue à ce genre de changements. Mais les ingénieurs, eux, étaient les créateurs des outils. Pendant longtemps, ils ont bénéficié de salaires élevés, d’un bon équilibre vie pro/vie perso et d’une sécurité d’emploi quasi garantie. Aujourd’hui, la situation s’est inversée. Et soudain, c’est tout le monde qui est concerné ? Je ne dis pas que l’IA n’aura pas d’effet sur nous tous. D’ailleurs, les emplois de niveau entry, dans de nombreux secteurs, semblent déjà menacés. Les consultants, les avocats, voire les journalistes — qui étaient déjà en crise bien avant l’arrivée de l’IA — ressentent tous les effets du changement. Mais au fond, nous sommes tous habitués à ce type de disruption. La question n’est plus de savoir si l’IA va bouleverser le travail, mais comment s’adapter. Où en êtes-vous vous-même face à cette prophétie apocalyptique ? Partagez votre avis à [email protected].
