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SpaceX : divergences entre Musk et le dossier IPO

Des doutes se sont élevés parmi les sceptiques de SpaceX suite aux commentaires divergents d'Elon Musk par rapport au dossier de l'offre publique initiale (IPO) déposé il y a une semaine. Alors que la société de fusées réutilisables préparait sa présentation aux investisseurs, Musk a publié une explication détaillée sur X concernant un récent partenariat avec le concurrent de l'intelligence artificielle, Anthropic. Cette publication soulève des questions sur des aspects potentiels du contrat qui n'ont pas été inclus dans le dossier prospectus de plus de 300 pages de SpaceX. Début mai, SpaceX avait annoncé qu'elle louait sa capacité de calcul inutilisée au centre de données Colossus 1 à Memphis, au Tennessee, à Anthropic. Le prospectus indiquait alors qu'Anthropic s'engageait à payer 1,25 milliard de dollars par mois jusqu'en mai 2029, avec un début de capacité progressive en mai et juin 2026 à un tarif réduit. Le document précisait également que l'accord pouvait être résilié par l'une ou l'autre partie avec un préavis de 90 jours. En revanche, lors de sa publication sur X mercredi soir, Musk a déclaré que SpaceX ne s'était pas engagée à louer Colossus pendant des années, qualifiant l'accord de bail de 180 jours avec une clause de résiliation mutuelle de 90 jours après cette période. Le prospectus ne mentionnait aucune possibilité de fin de contrat dans un délai aussi court. Cette divergence représente un enjeu financier majeur pour les investisseurs potentiels. La question de savoir si Anthropic versera 15 milliards de dollars par an pendant trois ans ou une somme bien inférieure sur une période plus courte influencera directement l'évaluation de l'entreprise. Pour rappel, les revenus totaux de SpaceX en 2025 s'élevaient à 18,7 milliards de dollars. La vente de capacités de calcul constitue une nouvelle source de revenus, mais place également SpaceX en concurrence avec des fournisseurs de cloud néo, tels que Nebius et CoreWeave. Certains investisseurs sont déjà réticents à investir dans la plus grande IPO de l'histoire, soutenant une entreprise évaluée à plus de 1 000 milliards de dollars tout en brûlant des milliards de dollars par trimestre. Les commentaires de Musk exacerbent ces inquiétudes concernant la divulgation financière de l'entreprise. Eric Talley, professeur de droit à l'université Columbia, a noté que soit Musk a raison et le dossier S-1 est matériellement trompeur, soit le dossier est correct et Elon Musk se livre à ses habitudes de brouille habituelles. Cette confusion nuit à la capacité des investisseurs à établir une valorisation précise de SpaceX. Anthropic a refusé de commenter, tout comme les représentants de SpaceX. Ce n'est pas la seule omission soulignée par les analystes dans le dossier de SpaceX. Franco Granda, analyste chez PitchBook, a relevé dans un rapport divers oublis critiques, notamment le taux de désabonnement des abonnés, les coûts unitaires pour la fusée Falcon 9 et la granularité du segment IA. Il a également noté l'absence de détails sur les taux d'utilisation du gigawat de puissance informatique déployé et les souscriptions à Grok ou X. Le secteur de l'IA de SpaceX pose également un défi particulier pour l'évaluation. La filiale xAI, dont les pertes opérationnelles se sont élevées à 2,5 milliards de dollars au premier trimestre, a été fusionnée avec SpaceX pour une valorisation combinée de 1,25 billion de dollars. En optant pour la location de capacité de calcul à Anthropic, SpaceX reconnaît que ses propres modèles d'IA n'ont pas suscité une grande demande. Musk a expliqué sur X que l'entreprise voulait pouvoir raccourcir le bail si elle avait besoin de cette capacité pour ses propres besoins futurs. Bien que Cathie Wood d'Ark Invest ait salué cette démarche comme un pivot vers la rentabilité pour la filiale SpaceXAI, la déclaration de Musk semble contredire les engagements présentés dans le prospectus. Les experts juridiques suggèrent que SpaceX devrait clarifier cette contradiction lors de la mise à jour de son dossier auprès de la SEC avant l'offre publique.

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