Indonésie relève conditionnellement l’interdiction de Grok après une vague de deepfakes sexuels
L’Indonésie a levé de manière conditionnelle son interdiction du chatbot Grok, développé par xAI, rejoignant ainsi la Malaisie et les Philippines, qui avaient déjà retiré leurs restrictions. Ces pays avaient initialement bloqué l’accès à Grok après qu’il eut été utilisé pour générer des milliers d’images sexuellement explicites non sollicitées sur X, la plateforme désormais sous la tutelle de xAI. Parmi ces images, certaines représentaient des femmes réelles, y compris des mineures. Selon des analyses menées par le New York Times et le Center for Countering Digital Hate, au moins 1,8 million d’images sexualisées ont été créées entre la fin décembre et janvier. Dans un communiqué, le ministère indonésien des Communications et des Affaires numériques a annoncé la levée de l’interdiction, après avoir reçu une lettre de X détaillant des mesures concrètes visant à améliorer le service et prévenir les abus (traduction via le New York Times). Alexander Sabar, directeur général de la surveillance de l’espace numérique au sein du ministère, a précisé que cette décision était « conditionnelle » et qu’elle pourrait être révoquée en cas de nouvelles violations. La Malaisie et les Philippines avaient elles aussi levé leurs interdictions le 23 janvier. Bien que les deepfakes générés par Grok aient suscité des critiques et des enquêtes dans plusieurs pays, très peu de gouvernements ont opté pour des interdictions totales. Aux États-Unis, le procureur général de Californie, Rob Bonta, a annoncé une enquête contre xAI et a envoyé une lettre exigeant que la société mette immédiatement fin à la production de ces contenus illégaux. xAI semble avoir pris certaines mesures pour limiter les risques : la fonction de génération d’images par l’IA de Grok est désormais réservée aux abonnés payants sur X. Le PDG d’xAI, Elon Musk, affirme que « quiconque utilise Grok pour produire du contenu illégal subira les mêmes conséquences que s’il téléchargeait directement ce contenu », ajoutant qu’il « n’est pas au courant d’images de mineurs nus générées par Grok ». Par ailleurs, des documents publiés par le Département de la Justice américaine révèlent au moins 16 courriels échangés entre Musk et le prédateur sexuel Jeffrey Epstein entre 2012 et 2013. Dans ces messages, Musk exprime son intérêt pour visiter l’île des Caraïbes d’Epstein et s’interroge sur la « plus folle des fêtes » que pourrait y avoir. Epstein avait plaidé coupable en 2008 pour avoir organisé la prostitution d’une mineure. En parallèle, xAI est actuellement en négociations pour fusionner avec deux autres entreprises de Musk, SpaceX et Tesla, dans le cadre d’un prochain lancement d’actions de SpaceX.
