AMD enchaîne sur le HPC malgré les tempêtes géopolitiques
Le deuxième trimestre 2025 a été marqué par des défis significatifs pour l’activité datacenter d’AMD, malgré une croissance globale des ventes. Les revenus du segment datacenter ont atteint 3,24 milliards de dollars, en hausse de 14,3 % sur un an, mais en baisse de 11,8 % en séquentiel par rapport au premier trimestre. Ce recul s’explique principalement par l’interdiction d’exportation des GPU MI308 vers la Chine, imposée en avril par l’administration Trump. Cette mesure a contraint AMD à une écriture de 800 millions de dollars, poussant le segment à un déficit opérationnel de 155 millions, contre un bénéfice potentiel de 645 millions sans cette charge. Sans un bénéfice fiscal de 834 millions de dollars et 104 millions provenant d’opérations discontinuées (probablement liées à ZT Systems), le résultat net aurait été à peine positif. Malgré ces difficultés, les performances du segment ont été relativement solides. Les ventes de GPU datacenter ont atteint 1,17 milliard de dollars au second trimestre, en hausse de 14,2 % sur un an, portées par la montée en puissance du MI350X et du MI355X. AMD prévoit une progression à 1,9 milliard de dollars au troisième trimestre et à 2,1 milliard au quatrième, pour un total annuel de 6,3 milliards, hors MI308. Si les licences d’exportation sont obtenues rapidement, les ventes pourraient atteindre 7,1 milliards, soit une croissance de 41,4 % par rapport à 2024. En cas de retard jusqu’en 2026, la croissance serait d’environ 25 %. Le succès du MI400 series, dont l’architecture « Helios » à l’échelle du rack, est attendu comme un catalyseur majeur. Lisa Su a souligné un fort intérêt des clients, notamment pour des déploiements à grande échelle en 2026. AMD affirme viser un chiffre d’affaires datacenter « à plusieurs dizaines de milliards de dollars » annuellement, en s’appuyant sur sa capacité à produire des GPU avec de la mémoire HBM, le principal goulot d’étranglement technique actuel. Le choix logiciel (ROCm vs CUDA-X) reste un facteur d’adoption, mais AMD est convaincu de pouvoir vendre toute sa production si les composants sont disponibles. En parallèle, les ventes de processeurs Epyc ont atteint 1,92 milliard de dollars, dont 1,4 milliard auprès des hyperscalers et des fournisseurs cloud (hausse de 17,5 %), et 528 millions auprès des entreprises, télécoms, gouvernements et institutions académiques (hausse de 8,9 %). Bien que ces segments aient baissé en séquentiel, leur croissance annuelle témoigne de la résilience du portefeuille Epyc face à la concurrence d’Intel et des processeurs Arm maison des géants du cloud. Les analystes estiment que l’activité datacenter d’AMD, bien que perturbée par la guerre commerciale, est en voie de reprise, soutenue par la demande forte pour les nouvelles générations de GPU et une stratégie de croissance à long terme. La capacité d’AMD à surmonter les contraintes réglementaires et à capitaliser sur ses avancées technologiques devrait déterminer sa position dans la course à l’IA dans les datacenters.
