Le père fondateur de l’IA croit encore au college — même pour un petit-fils de 4 ans
Malgré l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle, qui menace de transformer profondément les métiers de bureau, Yoshua Bengio, l’un des pères fondateurs de l’IA, affirme sans hésiter que son petit-fils de quatre ans devrait aller à l’université. Dans un épisode récent du podcast Silicon Valley Girl, la journaliste Marina Mogilko lui a posé la question provocante : devrait-il encourager son petit-enfant à suivre une formation universitaire ? Bengio a répondu par l’affirmative, soulignant que l’éducation ne se limite pas à l’acquisition de compétences pour décrocher un emploi. « L’éducation est essentielle, et contrairement à ce que pensent certains, elle ne consiste pas seulement à apprendre des savoirs utiles pour le travail », a-t-il expliqué. Pour lui, son rôle fondamental est de façonner une meilleure version de soi : comprendre ses propres émotions, mieux saisir la société, développer l’empathie et apprendre à vivre en harmonie avec les autres. « L’éducation, c’est surtout apprendre à devenir un être humain plus accompli », a-t-il ajouté. Ces propos s’inscrivent dans un débat croissant sur la pertinence du parcours universitaire dans un monde où l’IA excelle désormais dans des tâches cognitives variées, allant de l’analyse de données à la rédaction de textes. Geoffrey Hinton, autre figure emblématique de l’intelligence artificielle, a récemment estimé que l’IA rend déjà plus difficile l’embauche des diplômés universitaires, suggérant même qu’il serait plus judicieux de devenir plombier. De son côté, Fei-Fei Li, surnommée la « mère de l’IA » à Stanford, a déclaré dans une interview que, pour son entreprise spécialisée en IA, le diplôme d’un candidat compte moins que ses compétences pratiques, notamment son habileté à utiliser les outils d’intelligence artificielle. Bengio, qui avait déjà exprimé une vision similaire lors d’un épisode de The Diary of a CEO en décembre, insiste sur une dimension humaine durable : « Je pense que certaines parties de ce qui fait notre humanité persisteront, même si les machines peuvent accomplir la majorité des tâches. » Pour lui, l’université reste un lieu où se forment non seulement des esprits critiques, mais aussi des individus capables de jugement, d’éthique et de créativité — des qualités que l’IA ne peut pas imiter. En somme, selon Bengio, l’université n’est pas un simple tremplin professionnel, mais un espace essentiel de développement personnel, de réflexion et de construction de soi. Dans un monde dominé par les machines, c’est précisément cette dimension humaine qui devient la plus précieuse.
