Nvidia vend Vera CPU en Chine
Nvidia propose désormais ses processeurs serveur Vera à base d'architecture Arm à ses clients chinois, avec une mise sur le marché prévue dès août. Cette offre intervient alors que les livraisons de ses puces graphiques pour l'intelligence artificielle, notamment la H200, restent bloquées en Chine depuis plusieurs mois. Selon Reuters, s'appuyant sur des sources proches du dossier, les commandes peuvent déjà être passées. Cette chronologie rejoint les annonces faites lors du salon Computex Taipei, où Nvidia avait indiqué que des partenaires distribueraient la puce à partir de l'automne. En période de tension mondiale sur l'approvisionnement en processeurs, cette avance suggère que les acheteurs chinois bénéficient d'une priorité dans l'allocation du produit, dont Nvidia escompte vingt milliards de dollars de revenus d'ici la fin de son exercice financier en janvier. La dynamique commerciale s'explique par un décalage réglementaire. Les processeurs ordinaires font face à des restrictions d'exportation américaines bien moins strictes que les accélérateurs IA. Par le passé, les entreprises américaines avaient obtenu des licences pour exporter la puce H200 vers la Chine, mais Pékin a bloqué les livraisons pour protéger son industrie nationale des semi-conducteurs. Pour contourner ce risque, les déploiements initiaux de la Vera se limiteront aux data centers situés à l'étranger des fournisseurs cloud chinois, qui testent déjà plus de trois cents serveurs et prévoient des commandes officielles. Lancée initialement comme la partie processeur du super-puce Vera Rubin, la Vera a été présentée séparément en mars à San Jose. Nvidia en a annoncé le passage en production complète, affichant une vitesse d'exécution des charges de travail liées à l'IA agente deux fois plus rapide que celle des processeurs x86 actuels. Le modèle précédent, Grace, a déjà été écoulé à près de 2,5 millions d'unités. Ce déploiement intervient dans un contexte de demande en hausse pour les processeurs serveur. Le déplacement des charges de travail de l'IA vers l'inférence et l'exécution agente accroît fortement l'utilisation des CPUs pour la gestion des données et l'exécution de codes. Face à cette tension, Intel comme AMD signalent des délais d'attente pouvant atteindre six mois et un marché global sous pression, où la demande dépasse largement les prévisions de production. La stratégie de Nvidia vise ainsi à capitaliser sur cette pénurie tout en contournant les barrières géopolitiques qui freinent ses ventes de puces IA en Chine.
