Geoffrey Hinton : « Google va gagner la course à l’IA »
Le « père de l’IA », Geoffrey Hinton, estime que Google est en train de rattraper OpenAI, et qu’il pourrait même la dépasser. « Je trouve surprenant qu’il ait fallu si longtemps pour que Google rattrape OpenAI », a déclaré l’ancien chercheur de Google Brain, aujourd’hui professeur émérite à l’Université de Toronto, dans un entretien accordé à Business Insider mardi. Selon lui, Google est désormais en passe de prendre les devants. Cette évolution suit la sortie remarquée de Gemini 3, une mise à jour qui a été saluée par plusieurs experts comme ayant surpassé GPT-5 d’OpenAI. Par ailleurs, le modèle d’image AI Nano Banana Pro de Google a connu un vif succès. Trois ans après que Google ait déclenché une alerte « code rouge » suite au lancement de ChatGPT, c’est désormais OpenAI qui semble inquiet. « Je pense qu’ils commencent à rattraper OpenAI », a affirmé Hinton. L’un des atouts majeurs de Google, selon lui, réside dans sa capacité à concevoir ses propres puces matérielles. « Google dispose de très bons chercheurs, d’énormes quantités de données, de centres de données étendus, et surtout, d’un contrôle total sur son matériel », a-t-il souligné. « Mon avis est que Google va gagner. » Hinton rappelle que Google a longtemps été en tête de l’innovation en intelligence artificielle. « Google a inventé les modèles dits « transformers », et avait déjà développé de grands chatbots bien avant d’autres », affirme-t-il. Toutefois, la société a été prudente après le fiasco de Tay, le chatbot de Microsoft en 2016, qui avait rapidement commencé à publier des propos racistes. « Google, qui avait une excellente réputation, craignait de la compromettre comme cela », explique-t-il. Le PDG de Google, Sundar Pichai, avait lui-même reconnu que le chatbot de l’entreprise n’était pas encore prêt à être lancé, en raison de problèmes persistants. Des lancements hésitants ont suivi : l’outil d’image d’IA de Google a dû être temporairement arrêté après des controverses sur des représentations inexactes de personnes de couleur, et ses premières réponses d’IA dans la recherche ont parfois produit des conseils absurdes, comme coller du colle sur la pizza pour éviter que le fromage ne tombe. Par ailleurs, Google vient de faire une importante donation de 10 millions de dollars canadiens à l’Université de Toronto, où Hinton a passé une partie de son temps pendant son séjour chez Google. Cette somme permettra de créer la chaire Hinton en intelligence artificielle, dont l’université va matcher le don. Hinton a quitté Google en 2023, exprimant des inquiétudes croissantes quant aux risques que représente l’IA pour la société — notamment son potentiel à surpasser l’humain ou à détruire des emplois. En 2024, il a partagé le prix Nobel de physique pour ses travaux fondateurs sur les réseaux de neurones. « Le travail de Geoff sur les réseaux de neurones — à la fois dans le milieu académique et pendant ses dix années chez Google — a posé les bases de l’IA moderne », a déclaré Google dans un communiqué. « Cette chaire honore son héritage et aidera l’université à attirer des chercheurs visionnaires, engagés dans une recherche fondamentale et curieuse, comme Geoff l’a toujours été. »
