IA, drones et satellites cartographient la vie antarctique
Une équipe de chercheurs de l’Université de Wollongong, dirigée par le Dr Narmilan Amarasingam, a mis au point un nouveau cadre d’intelligence artificielle géospatiale pour suivre les écosystèmes antarctiques. Publiée dans l’ISPRS Journal of Photogrammetry and Remote Sensing, cette approche combine des relevés sur le terrain, des images aériennes de drones, des données satellitaires et l’IA pour cartographier la biodiversité à différentes échelles. Testée pendant sept ans au Canada Glacier, dans les vallées sèches de McMurdo, la méthode permet de relier des observations microscopiques à des paysages entiers, couvrant ainsi des zones auparavant impossibles à monitorer en continu. Les écosystèmes antarctiques, composés de mousses, lichens et cyanobactéries, forment souvent des taches dispersées et de très petite taille. Si les études sur le terrain et les drones offrent une haute résolution, ils ne couvrent qu’une surface limitée. À l’inverse, les satellites scrutent de vastes étendues mais avec une résolution plus grossière. Le nouveau système résout ce problème en hiérarchisant les données : les observations détaillées in situ calibrent les cartes drones, qui à leur tour servent de pont pour l’analyse satellitaire. Le résultat est une capacité inédite à suivre l’évolution du territoire sur le long terme. Ce dispositif ne vise pas à remplacer les expéditions, indispensables pour interpréter les données biologiques. Il amplifie plutôt leur portée en étendant des relevés ponctuels à l’échelle du continent. En permettant de distinguer les fluctuations saisonnières des tendances structurelles, le cadre fournit aux gestionnaires environnementaux des indicateurs fiables sur l’impact du réchauffement climatique. Ces données alimentent déjà des modèles de biodiversité et éclairent les stratégies de conservation. À mesure que les conditions changent dans la région la plus isolée de la planète, cette plateforme d’IA géospatiale ouvre la voie à une surveillance autonome et continue des écosystèmes fragiles. En reliant la précision du terrain à la couverture satellitaire, les chercheurs posent les bases d’un suivi scientifique transcontinental, capable d’informer les politiques de protection sans sacrifier l’ancrage biologique indispensable à toute analyse écologique rigoureuse.
